Un éclair de génie

Réalisé par Marc Abraham (2009)

Drame judiciaire
Un éclair de génie
Durée 117 minutes
Sortie 27/05/2009
Note 5/10

Dans les années 1960, Robert Kearns, professeur à l'université de Detroit et inventeur amateur, met au point le prototype d'essuie-glaces intermittents. Convaincu du potentiel commercial de son invention, il la soumet au puissant constructeur d'automobiles Ford. Après avoir montré initialement de l'intérêt pour cet entrepreneur aspirant et sa machine, les dirigeants du groupe retirent cependant leur offre de collaboration au bout de quelques semaines. Plus d'un an plus tard, Kearns découvre que les nouveaux modèles de la marque sont équipés de ses essuie-glaces. Il entame alors une très longue bataille juridique, qui le mettra à rude épreuve, ainsi que sa femme Phyllis et leurs six enfants.

La critique

Par Tootpadu 30/05/2009

Le quotidien est rempli de petites inventions qui facilitent considérablement la vie à chacun d'entre nous. Heureusement, elles ne prétendent pas toutes à un film aussi sage et finalement ennuyeux que cet hymne aux essuie-glaces intermittents. Le véritable cheval de bataille de Marc Abraham, un producteur chévronné qui s'essaie ici pour la première fois et sans grand succès à la mise en scène, est cependant l'intransigeance morale de son héros, qui refuse successivement toutes les offres lucratives de compromis de la part de ses adversaires, puisqu'il se sent lésé dans son intégrité d'inventeur. Hélas, cette obstination ne se transmet jamais au spectateur, pour qui cet engagement peut paraître aussi absurde que l'existence même d'un film si mou et peu engageant.
Il faudra en effet du temps pour arriver au procès, douze ans après le début de l'histoire. Mais le dénouement, évidemment en faveur de l'individu innocent, voire naïf, contre l'éminence grise du pouvoir industriel, n'est aucunement plus passionnant que le chemin, sinueux et longuet, qui y a mené. Entre-temps, nous avons assisté, sans le moindre état d'âme, à l'opposition de longue haleine de Kearns contre toutes les tentatives imaginables d'apaisement et de corruption de la part de Ford. Parfois seul contre tous, à l'image du procureur Jim Garrison dans JFK d'Oliver Stone, le personnage principal persévère dans ses attaques contre des moulins, et contre toute raison.
Car le scénario n'établit jamais clairement - et c'est là sa seule infime ambiguïté - si Kearns a vraiment été spolié directement par le constructeur. Les indices l'impliquent, certes, et la décision de justice lui donne raison. Mais l'aspect qui enfonce le plus grossièrement le clou, c'est le ton consensuel, faussement rassurant et surtout très fade auquel Un éclair de génie ne déroge jamais. Personnellement, nous préférons le point de vue de l'avocat exaspéré de Kearns, qui considère sèchement qu'aux Etats-Unis, les litiges ne se règlent pas par l'application de la justice, mais par le carnet de chèques bien garni des riches et puissants.
A un film sans saveur correspond une distribution négligeable, et du côté des comédiens pratiquement tous transparents, et du côté de sa sortie confidentielle en salles en France.

Vu le 30 mai 2009, à l'UGC Forum Orient Express, Salle 4, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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