
| Titre original: | Separate Lies |
| Réalisateur: | Julian Fellowes |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 85 minutes |
| Date: | 29 mars 2006 |
| Note: | |
La vie de James Manning et de son épouse Anne semble être marquée par l'harmonie. Le couple partage son temps entre Londres, où James travaille comme un avocat d'affaires, et le Buckinghamshire, où il passe ses week-ends à la maison de campagne. Lorsque le mari de leur gouvernante est renversé près de leur demeure, les Manning verront les certitudes de leur existence bien rangée sérieusement ébranlées.
Critique de Tootpadu
Toute l'intelligence et la noirceur ironique qui avaient fait de Gosford Park un festin pétillant d'esprit se retrouvent dans ce drame sombre et sérieux sur le déraillement d'une relation à l'apparence parfaite. Julian Fellowes s'emploie une fois de plus à souligner les dysfonctionnements d'une classe aisée et ses galipettes qui ne restent pas sans conséquences. Son écriture est aussi sophistiquée dans cette intrigue criminelle que dans celle réalisée par Robert Altman et les personnages qu'il campe dans un décor particulièrement engoncé vibrent littéralement d'une humanité et d'une maturité qui se font malheureusement de plus en plus rares au cinéma. La mise en scène de ce premier film d'un homme plutôt connu pour ses talents de scénariste et d'acteur ne détourne jamais l'attention de la brillance de l'histoire et elle est en cela exemplaire.
Enfin, Separarte Lies fonctionne avant tout comme une étude éprouvante et gratifiante d'un homme droit qui se retrouve face à un dilemme auquel son code de conduite honorable n'est absolument pas adapté. Grâce à l'interprétation faramineuse de Tom Wilkinson, qui trouve là probablement le meilleur rôle de son illustre carrière, infiniment plus complexe que le père dans In the Bedroom, cet homme meurtri devient la pièce centrale d'un drame dont surtout l'ambiguïté des personnages étonne. A côté de ce tour de force aussi subtil que déchirant, les prestations excellentes d'Emily Watson et, dans une moindre mesure, de Rupert Everett pâlissent forcément. Mais le trait juste avec lequel même les personnages les plus secondaires sont décrits assure une densité et une intelligence à ce film remarquable, qui dépassent de loin l'aspect conventionnel de l'intrigue de base.
Du divertissement de qualité pour adultes comme nous voudrions en voir plus souvent !
Vu le 30 mars 2006, au Balzac, Salle 2, en VO
Note de Tootpadu: