Estudiante (El)

Réalisé par Santiago Mitre (2013)

Drame politique
Estudiante (El)
Durée 116 minutes
Sortie 23/01/2013
Note 5/10

Roque Espinoza monte de sa province natale à la capitale Buenos Aires, pour reprendre une énième fois ses études. Mais les cours de sciences sociales l’ennuient rapidement et il préfère s’amuser avec les filles qu’il croise à la fac. Jusqu’au jour où il entend parler Paula, une jeune prof militante, lors d’une réunion du syndicat des étudiants. Initialement attiré par une nouvelle conquête potentielle, Roque finit par s’engager corps et âme dans l’activisme politique. Il se rend rapidement indispensable au sein du petit parti contestataire de Paula, au point de devenir le bras droit du professeur titulaire Alberto Acevedo, qui brigue le poste de président de l’université lors des prochaines élections.

La critique

Par Tootpadu 14/01/2013

Nos années d’étudiant sont loin derrière nous, et heureusement, puisque nous n’en sommes point nostalgiques et que plus aucun élan susceptible de transformer la société ne paraît émaner de cet âge de l’éveil intellectuel. Aller à la fac de nos jours, cela signifie d’entrer très tôt en compétition avec ces gens qu’on appelait autrefois les « camarades de classe » pour décrocher à l’issue du cursus un emploi hypothétique, qui de toute façon ne se concrétisera point au vu de la morosité permanente du marché du travail. Apparemment en Argentine, les choses ne vont guère autrement, puisque cette production tout à fait indépendante ne cultive aucune illusion quant à l’utilité des diplômes qu’on obtient à l’université. Elle préfère suivre le parcours en dents de scie d’un étudiant plus très jeune, qui saisit la moindre occasion soit pour faire avancer sa carrière d’officiel d’un parti sans importance, soit pour coucher avec les filles qui croisent son chemin.
El estudiante, cet étudiant qui sèche les cours à tout va pour peaufiner ses stratégies opportunistes, pourrait être compris comme une parabole sur la vacuité, voire la dangerosité d’un système éducatif qui ressemble plus à une jungle politique qu’à une institution dédiée à la transmission du savoir. Car les enjeux ont beau être modestes – un poste dirigeant dans une université à l’aspect passablement délabrée dans un pays qui ne brille pas non plus par ses exploits scientifiques ou économiques –, les coups tordus et autres trahisons sans scrupules ne manquent pas pour rythmer un récit un brin longuet et au propos moral plutôt vague. La mise en scène de Santiago Mitre peine en effet à trouver l’envergure et la passion nécessaires pour réellement nous intéresser au sort de Roque, un personnage caméléon qui se laisse un temps griser par son ascension fulgurante mais qui paraît simultanément comme un corps étranger dans le milieu des réunions interminables et sans résultat précis.
A force de rester collée au plus près des personnages, la narration n’engage aucun mouvement de recul, ni sur les clichés de la vie étudiante, impulsive et inefficace, ni sur les rouages de la machine politique, impitoyable et imprévisible. Elle sait certes égratigner à la surface des pistes de réflexion sur le marchandage de l’éducation et la coupure de la réalité sociale de cette dernière. Mais sa propension à vouloir représenter à tout prix comme un tombeur invétéré de femmes le protagoniste pas si charismatique que cela, fait forcément dévier l’axe de son propos vers quelque chose de plus anodin et de plus répétitif.

Vu le 14 janvier 2013, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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