Un mariage de rêve

Réalisé par Stephan Elliott (2009)

Comédie Dramatique
Un mariage de rêve
Durée 97 minutes
Sortie 06/05/2009
Note 7/10

En Angleterre dans les années 1920, le clan des Whittaker attend avec impatience le retour de John, le seul fils, d'un voyage sur le continent. La matriarche Veronica espère en effet pouvoir lui confier la responsabilité des terres familiales, assez mal en point, et arranger par la même occasion un mariage entre John et Sarah, la fille de Lord Hurst, un propriétaire voisin. Mais le fils prodigue n'a pas du tout fait ce que l'on attendait de lui, puisqu'il a épousé sur un coup de tête et de foudre l'Américaine Larita, qui a atteint une certaine notoriété en s'essayant comme première femme à la course automobile. Le jeune couple s'installe temporairement dans le manoir des Whittaker, mais Larita en a vite assez de l'animosité de sa belle-mère et de ses belles-soeurs.

Les critiques

Par Mulder 01/04/2009

« Il est décourageant de penser que tant de gens sont choqués par l’honnêteté et si peu par la tromperie. »
Noël Coward

Un mariage de rêve est la seconde adaptation de la pièce de Noël Coward datant de 1924. La première date de 1928 et était signée par le maitre Alfred Hitchcock à ses débuts. Le casting nous permet de retrouver avec un certain plaisir Colin Firth et Kristin Scott Thomas, et surtout de voir dans son premier grand rôle Jessica Biel. Cette actrice, hormis dans Rencontres à Elizabethtown et L’Illusionniste, était condamnée à orner de sa belle présence des blockbusters sans saveur, tels Next, Blade Trinity, et Furtif.

Ce film est une réelle surprise, contrairement aux autres adaptations de pièces, qui nous assènent une mise en scène statique sans réelle volonté de sublimer la dite pièce en imposant une version cinéma. En effet, comme ce fut le cas dans le passé des adaptations de pièces de théâtre comme Des hommes d'honneur, la mise en scène est toujours en pleine ascension. Le spectateur plonge ainsi totalement dans cette histoire romantique et enjouée. A de nombreuses reprises, il prend un certain plaisir à voir la haute société anglaise si bien caricaturée. A cela, rajoutez certaines scènes cultes, comme la scène du chien sur le canapé, qui a fait rire toute la salle pendant au moins cinq minutes, et celle du french can-can (à la francaise) et vous obtiendrez une comédie anglaise très réussie, que je reverrai une seconde fois pour bien noter certaines répliques anthologiques !

Ce film nous montre bien que, loin des comédies américaines ou françaises, le plus souvent vulgaires et sans respect envers les minorités (Yes man et bientôt OSS 117 Le Caire ne répond plus), les comédies anglaises sont raffinées, enjouées et permettent surtout de rire du snobisme et des principes de vie de nos chers voisins anglais ! Une réussite, qui s'inscrit parfaitement dans la lignée de Quatre mariages et un enterrement et Love actually.

Vu le 25 mars 2009, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

Par Tootpadu 01/04/2009

Absent des plateaux de cinéma depuis presque dix ans, ou plus exactement depuis le médiocre Voyeur, le réalisateur australien Stephan Elliott nous revient avec cette adaptation pétillante d'une pièce de Noël Coward. Le plus grand mérite pour le divertissement quasiment ininterrompu de cette comédie, pas si légère que ça, revient indubitablement à l'histoire originale. Coward y explore avec une plume sophistiquée et tranchante la rivalité ancestrale qui oppose toute épouse à sa belle-mère, le tout sur l'arrière-plan joliment rétro de l'Angleterre des années 1920. De ce point de vue-là, Un mariage de rêve représente même un pendant saisissant à une autre comédie britannique, sortie deux mois plus tôt, Miss Pettigrew de Bharat Nalluri.
Toutefois, ce film-ci n'a rien d'un conte de fées euphorisant. Il s'attache davantage à explorer de façon narquoise les différences insurmontables, qui séparent l'intruse du Nouveau monde de sa nouvelle famille, pétrifiée dans les moeurs traditionnelles de la campagne anglaise. Larita, avec son optimisme américain, se livre une bataille, qu'elle ne peut pas espérer remporter - en tout cas pas dans un environnement aussi hostile -, contre sa harpie de belle-mère et les rejetons indignes de cette dernière. Sa volonté d'intégration ou de compromis se heurte invariablement à l'intransigeance de Veronica, qui ne voit en elle qu'une rivale et une porteuse de malheur pour toute sa famille. Naturellement, cet antagonisme ne pourra se solder par un semblant d'harmonie. La fin promeut alors assez vigoureusement le vieil adage du "laisser vivre et laisser mourir".
La vivacité d'esprit de Noël Coward n'est plus à prouver. Elle se manifeste brillamment à travers le feu d'artifice incessant de répliques assassines, par lequel se provoquent les adversaires de ce duel familial. Au point que le sous-titrage n'est pas toujours en mesure d'en traduire toute la délicatesse piquante. De même, la mise en scène de Stephan Elliott s'emploie plus à ne pas trop entraver le flux de paroles qu'à renforcer l'acidité du commentaire social. Comme ce fut déjà le cas dans Priscilla Folle du désert, le réalisateur n'arrive pas vraiment à imposer un rythme global satisfaisant à son film, bien que la plupart des séquences prises séparément fonctionnent correctement. Enfin, son style visuel est toujours aussi friand de perspectives alambiquées, qui n'apportent qu'un encombrement formel inutile au film.
Petit à petit, Jessica Biel s'affranchit de sa réputation d'actrice, qui n'est sollicitée que pour son physique. Son interprétation de Larita ne fait pas de miracle, mais elle se démène vaillamment dans un cercle de comédiens plus expérimentés. Kristin Scott Thomas en tête, qui trouve ici un autre rôle en or, dans lequel elle peut s'en donner à coeur joie pour nous révéler quelques facettes insoupçonnées de son caractère.

Vu le 31 mars 2009, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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