Temps des amoureuses (Le)
Réalisé par Henri-François Imbert (2009)
| Durée | 83 minutes |
| Sortie | 11/03/2009 |
| Note | 6/10 |
En 1974, Jean Eustache tourne Mes petites amoureuses à Narbonne. Trente ans plus tard, le réalisateur Henri-François Imbert y croise par hasard Hilaire Aras, qui avait participé à l'époque au tournage comme acteur amateur dans le rôle du membre d'un groupe de jeunes. C'est le point de départ d'une recherche sur les traces du film : des personnes qui y ont interprété les personnages adolescents et de ses lieux emblématiques. Ce retour en arrière permet également de suivre Hilaire dans ses projets actuels, notamment l'enregistrement de son premier album.
La critique
Par Tootpadu 03/03/2009
Cependant, la démarche de Henri-François Imbert, à l'encontre de celle de Nicolas Philibert, ne s'inscrit pas dans l'éveil d'une mémoire personnelle et les retrouvailles avec des personnes, avec lesquelles le réalisateur partagerait une expérience vécue en commun. Son lien avec le film original est bien plus abstrait, puisqu'il le voit surtout comme une source d'inspiration artistique. Son travail de recherche méticuleux tend vers la découverte et la rencontre initiale avec les participants au tournage. Il ne se base pas sur des souvenirs mutuels, qui seraient rafraîchis par la réunion d'anciens membres de l'équipe comme dans le documentaire précité. Du coup, le rapport au passage du temps de la part du film d'Imbert se distingue clairement de celui de Philibert. La nostalgie n'y a guère sa place. Encore accentuée par l'absence d'extraits de Mes petites amoureuses, l'interaction entre le passé et le présent se joue principalement au niveau des comédiens d'antan, qui ont pour la plupart refermé la parenthèse cinématographique de leur vie depuis longtemps.
A la fois une évocation indirecte du tournage et l'enregistrement d'une vie qui continue, en l'occurence celle de Hilaire, Le Temps des amoureuses appartient à ces suppléments hors du commun, qui complémentent d'une façon autonome les films auxquels ils se réfèrent. Certes, le cadre de la production et de la distribution de ce documentaire intriguant ne se conforme pas pour l'instant à ce schéma de réception. Mais nous lui prédisons un avenir aussi utile que celui des Demoiselles ont 25 ans d'Agnès Varda, à savoir une place de choix sur une édition future du film de Jean Eustache.
Vu le 3 mars 2009, au Club Publicis