Retour en Normandie
Réalisé par Nicolas Philibert (2007)
Documentaire
| Durée | 113 minutes |
| Sortie | 03/10/2007 |
| Note | 6/10 |
A l'automne 1975, René Allio tourne en Normandie son film Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère, le récit d'un fait divers historique, survenu un siècle et demi plus tôt. Trente ans après, Nicolas Philibert, à l'époque assistant réalisateur, revient sur les lieux du tournage et rencontre les acteurs amateurs d'antan. En effet, tous les rôles de paysans dans le film avaient été interprétés par des non-professionnels normands.
La critique
Par Tootpadu 17/08/2007
La mémoire sous toutes ses formes est au cœur du nouveau documentaire de Nicolas Philibert, après le phénomène Être et avoir. Enfin, c'est en quelque sorte le fil rouge qui lie les différentes étapes de son voyage à travers la Normandie, en quête de personnes plus qu'à la recherche des lieux du tournage. Sa démarche n'est pas tout à fait celle de Les Demoiselles ont eu 25 ans d'Agnès Varda et pas non plus celle de In Love with the Desert, qui fait toute la fierté de l’édition DVD française de Lawrence d’Arabie. Le cheminement de Philibert est beaucoup plus intuitif. Il englobe les champs ruraux, cinématographiques, historiques et sociaux.
Son entrée en la matière établit tout de suite un rapport vital avec le sujet tragique du film d’origine. A la truie qui met bas difficilement au début, avec des porcelets qui s’en sortent à peine, correspondra plus tard l’abattement en direct du porc. Mais ces deux moments éprouvants ne sont pas vraiment placés au sein de la structure du film pour former un mouvement circulaire. Ils agissent juste comme des exemples de l’existence paysanne qui résonnent dans leur essence vitale comme des échos des meurtres commis par Pierre Rivière. Tout au long du documentaire ces liens se font et se défont, peu importe qu’ils aient comme base commune la folie, le passage du temps ou la solitude.
Sans jamais être d’une pertinence sidérante, Retour en Normandie sait tout de même tirer des leçons de vie de sa structure un peu trop fourre-tout. Outre l’intérêt naissant pour le film de René Allio, hélas assez peu connu, il suscite un état d’esprit de déambulation nostalgique, qui garde toutefois les pieds fermement sur terre.
Son entrée en la matière établit tout de suite un rapport vital avec le sujet tragique du film d’origine. A la truie qui met bas difficilement au début, avec des porcelets qui s’en sortent à peine, correspondra plus tard l’abattement en direct du porc. Mais ces deux moments éprouvants ne sont pas vraiment placés au sein de la structure du film pour former un mouvement circulaire. Ils agissent juste comme des exemples de l’existence paysanne qui résonnent dans leur essence vitale comme des échos des meurtres commis par Pierre Rivière. Tout au long du documentaire ces liens se font et se défont, peu importe qu’ils aient comme base commune la folie, le passage du temps ou la solitude.
Sans jamais être d’une pertinence sidérante, Retour en Normandie sait tout de même tirer des leçons de vie de sa structure un peu trop fourre-tout. Outre l’intérêt naissant pour le film de René Allio, hélas assez peu connu, il suscite un état d’esprit de déambulation nostalgique, qui garde toutefois les pieds fermement sur terre.
Vu le 16 août 2007, au Club Marbeuf
★★★★★★☆☆☆☆
6/10