Plus tard tu comprendras
Réalisé par Amos Gitai (2009)
Drame
| Durée | 93 minutes |
| Sortie | 21/01/2009 |
| Note | 5/10 |
En 1987, alors que s'ouvre le procès de Klaus Barbie, Victor Bastien se met à la recherche des origines juives de sa famille. Sa mère Rivka lui avait caché pendant longtemps le sort de ses grands-parents, déportés pendant la guerre, et elle n'est pas disposé à en révéler davantage alors que l'Histoire réveille des souvenirs de famille douloureux.
La critique
Par Tootpadu 05/01/2009
La dimension historique révendiquée du nouveau film de Amos Gitai lui sert involontairement d'alibi, dans un contexte de l'actualité - la guerre de Gaza -, qui fait parler d'Israël dans des termes infiniment plus pressants que ne le pourrait jamais être l'étude cérébrale de la mémoire, à laquelle s'attelle ce film. Le regard de Plus tard tu comprendras se dirige sans ambiguïté vers le passé de la persécution des Juifs et la façon dont les personnages issus des générations suivantes y font face ou l'esquivent. Ce processus de travail sur la compréhension et la connaissance du passé personnel, qui s'inscrit forcément à un moment donné dans l'Histoire collective, est exploré avec subtilité et sans surcharge subjective ou émotionnelle.
Néanmoins, l'austérité rigide qui caractérise le style filmique du réalisateur s'affirme sans gêne ici. Il ressort une impression précise d'enfermement de sa composition des plans, qui porte une attention particulière aux murs des appartements et des immeubles. Tel les témoins immuables du passage du temps, l'omniprésence et la mise en avant de ces bâtisses renforce peut-être un peu trop le ton oppressant du film.
La nature aride du récit n'est assouplie temporairement que par la description de la vie familiale tout à fait banale de Victor. Le fonctionnement des échanges à ce niveau générationnel du microcosme social contraste en effet avec les rapports codifiés et poussiérieux entre Rivka et ses deux enfants. Mais là encore, le film ne manque pas de sagesse, lorsqu'il montre dans la séquence de la synagogue, que la complicité et l'attachement peuvent bien sauter une génération.
Néanmoins, l'austérité rigide qui caractérise le style filmique du réalisateur s'affirme sans gêne ici. Il ressort une impression précise d'enfermement de sa composition des plans, qui porte une attention particulière aux murs des appartements et des immeubles. Tel les témoins immuables du passage du temps, l'omniprésence et la mise en avant de ces bâtisses renforce peut-être un peu trop le ton oppressant du film.
La nature aride du récit n'est assouplie temporairement que par la description de la vie familiale tout à fait banale de Victor. Le fonctionnement des échanges à ce niveau générationnel du microcosme social contraste en effet avec les rapports codifiés et poussiérieux entre Rivka et ses deux enfants. Mais là encore, le film ne manque pas de sagesse, lorsqu'il montre dans la séquence de la synagogue, que la complicité et l'attachement peuvent bien sauter une génération.
Vu le 5 janvier 2009, au Club de l'Etoile
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10