Shanghai Gesture

Réalisé par Josef von Sternberg (1947)

Drame
Shanghai Gesture
Durée 96 minutes
Sortie 10/12/1947
Note 5/10

Le vice est presque une vertue à Shanghai, avec ses casinos et ses ventes de jeunes filles pour le Nouvel an chinois. Et la reine de la pègre est l'influente Mère Gin Sling, la propriétaire du temple de jeux le plus prestigieux. Seulement, un homme d'affaires étranger, Sir Guy Charteris, souhaite reconstruire le quartier où se trouve le casino. Mère Gin Sling tente alors, avec l'aide de ses hommes de main Percival Montgomery Howe et le docteur Omar, et en se servant de deux jeunes filles fraîchement arrivées à Shanghai, de faire capoter son plan.

La critique

Par Tootpadu 25/02/2005

Josef von Sternberg confirme une fois de plus sa réputation de réalisateur sophistiqué avec ce mélodrame qui prend une ville asiatique peu réaliste comme décor. Il suffit de voir son introduction majestueuse dans l'enfer du jeu pour s'en rendre compte. A travers un lent mouvement de grue, von Sternberg nous laisse nous-mêmes découvrir l'opulence de cette salle qui n'a qu'un seul coeur, la table de roulette. En effet, la mise en valeur du décor, que ce soit ici ou dans les quartiers de la malicieuse Mère Gin Sling, compte parmi les qualités du film. Cependant, ce bel aspect plastique - renforcé par une photographie plaisante - a, sur la durée, du mal à cacher la pauvreté du scénario.
Inutile en fait, d'attendre le dénouement avec ses revirements improbables et ridicules, pour s'apercevoir que la forme prime ici sur un fond plutôt léger. Certes, il y a certaines répliques pétillantes, qui cherchent presque trop à se mettre en avant, et bien entendu, les traits de quelques personnages sont vicieusement pervertis, notamment ceux de la vilaine Mère. Mais ces petites bulles d'inspiration éclatent trop rapidement dans la structure laborieuse de l'ensemble. Ainsi, on se réjouit de retrouver le poème placé en exergue de Pandora dix ans plus tard, mais il nous peine tout autant de le voir incorporé dans un dîner d'affrontement final qui manque particulièrement de rythme.
Enfin, pour les fans de la sublime Gene Tierney, ce film donne l'occasion de la découvrir toute jeune, au début de sa carrière. Et là où son rôle peine à réveiller notre intérêt, sa beauté nous compense suffisamment - en tout cas jusqu'à sa descente aux enfers. Quant à Ona Munson, elle donne une méchante peu crédible, mais très jouissive dans son jeu et son maquillage excessifs.

Vu le 25 février 2005, au Forum des Images, Salle 300, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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