Slumdog millionaire
Réalisé par Danny Boyle (2009)
| Durée | 115 minutes |
| Sortie | 14/01/2009 |
| Note | 4/10 |
Le jeune Jamal Malik de Mumbai, un orphelin issu des bidonvilles qui travaille comme servant dans un centre d'appels téléphoniques, est l'improbable candidat au jeu télévisé "Qui veut gagner des millions ?". Il répond correctement à chaque question, jusqu'à ce que la police l'interpelle sur un soupçon de tricherie. Alors qu'il est attendu à la reprise de l'émission le lendemain, où il devra répondre à l'ultime question qui lui rapporterait vingt millions de roupies, Jamal raconte à l'inspecteur comment il a pu arriver jusque là.
La critique
Par Tootpadu 11/12/2008
Ce n'est pas tant le regard d'un étranger sur l'Inde qui dérange ici qu'un dispositif narratif extrêmement lourd et artificiel. Même si nous étions prêts à admettre que Slumdog millionaire ne soit qu'un conte à la Dickens, situé de nos jours dans le monde foisonnant des mégapoles indiennes, la structure de son intrigue sans le moindre naturel et soumise à une finalité mélodramatique et sucrée jusqu'à l'indigestion nous tiendrait définitivement à l'écart des quelques enjeux du film potentiellement dignes d'intérêt. Comme si le cadre du jeu télévisé populiste ne suffisait pas pour encombrer la narration, le récit de Jamal au commissariat, avec ses innombrables retours en arrière et ses sauts mentaux, l'enferme au delà de tout espoir d'une rédemption formelle dans la prétention la moins supportable. Chaque tragédie, grande ou petite, de l'existence de Jamal se trouve magnifiée jusqu'à l'excès par cette double perspective tortueuse, qui souligne encore le caractère manichéen de l'histoire.
Car la mise en scène de Danny Boyle et le scénario de Simon Beaufoy se montrent aussi peu scrupuleux dans ce qu'ils racontent, que dans la façon alambiquée à travers laquelle ils tentent maladroitement de faire passer leur message. L'histoire du film dans son ensemble, de sa conception laborieuse jusqu'aux thèmes développés sans finesse, répond à des exigences très consensuelles, qui privilégient invariablement les solutions les plus aptes à colporter sa vision misérabiliste du monde. Dans tous les domaines, de la photo clinquante à la bande originale triviale, le trait forcé instaure ainsi un tel sentiment d'artifice et de manipulation ciblée, que l'histoire universelle de l'homme idéaliste, qui poursuit son rêve et son amour malgré et contre tous, en perd toute sa saveur.
Vu le 10 décembre 2008, à la Salle Pathé Lamennais, en VO