Serbis

Réalisé par Brillante Mendoza (2008)

Drame
Serbis
Durée 91 minutes
Sortie 12/11/2008
Note 5/10

Une journée dans la vie de la famille Paneda, qui exploite un cinéma qui passe de vieux films érotiques. Alors que la matriarche Nanay Flor attend le verdict dans le procès qu'elle a intenté à son mari pour infidélité, le jeune Alan n'ose pas avouer à la famille que sa copine Merly est enceinte. Nayda, la fille de Nanay Flor, est préoccupé par un chèque qu'elle risque de ne pas pouvoir honorer et par l'attirance qu'elle éprouve pour le projectionniste Ronald, sous les yeux de son mari Lando. Pendant ce temps, les échanges de faveurs sexuelles entre les spectateurs du cinéma ont libre cours dans la salle.

La critique

Par Tootpadu 16/10/2008

La Chatte à 2 têtes version philippine, c'est ainsi que pourrait être résumé le deuxième film de Brillante Mendoza à sortir cette année en France. Sauf que, contrairement au film de Jacques Nolot, celui-ci, par ailleurs sélectionné en compétition au dernier festival de Cannes, s'intéresse au moins autant à ce qui se passe en périphérie de la salle poisseuse qu'en son sein. Les galères familiales condensées sur une journée n'ont en effet pas trop de rapport avec l'activité licencieuse, qui fournit la base existentielle des Pineda. Par conséquent, Serbis doit s'accommoder d'une attitude narrative indécise, qui n'est finalement pas tout à fait à l'avantage du film.
Autant le réalisateur Brillante Mendoza poursuit l'exploration presque hypnotisante de son décor, autant la valeur dramatique du film doit recourir à des micro-événements anecdotiques pour acquérir une dynamique toute relative. Les bidonvilles de John John sont remplacées à présent par les couloirs sombres et les cages d'escalier autrefois majestueuses d'une salle de cinéma en plein déclin. La mise en scène sait une fois de plus remarquablement occuper cet espace, afin de nous le rendre familier. En passant constamment des endroits publics, et pourtant intimistes, au domaine privé de l'arrière-boutique, la caméra participe plus à la construction dramatique du film que le scénario.
Ce dernier est malheureusement marqué par une vacuité, qui était escamoté dans le film précédent du réalisateur par la finalité de la transmission de l'enfant adoptif. Ici, tout ce qui reste, ce sont des sursauts guère convaincants, qui élèvent plutôt péniblement la présence d'une chèvre ou l'éclatement d'un furoncle en sommets de l'action. Dans un tel contexte, les tensions qui règnent à l'intérieur de la famille n'arrivent pas à s'exprimer convenablement, en dépit de quelques aperçus assez prometteurs, comme la relation en sourdine entre Nayda et Ronald.

Vu le 15 octobre 2008, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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