Parents terribles (Les)

Réalisé par Jean Cocteau (1948)

Drame
Parents terribles (Les)
Durée 100 minutes
Sortie 01/12/1948
Note 7/10

Michel, le fils unique d'Yvonne et de Georges, a découché pour la première fois, en plus sans donner de ses nouvelles. Alors que sa mère se fait une peur bleue, sa tante Léo a bien compris ce qui se passe. En effet, une fois rentré à la "roulotte", Michel annonce qu'il est amoureux de Madeleine, une sténographe de trois ans son aînée. Alors que sa mère possessive réagit avec effroi au risque de perdre son fils choyé, son père craint que cette nouvelle liberté de Michel ne mette à jour ses propres infidélités.

La critique

Par Tootpadu 24/09/2008

Le quatrième film de Jean Cocteau est le témoin magnifique de son époque. Et le thème du fils unique qui a du mal à se libérer d'une mère étouffante, et le style filmique très porté sur les échanges prolixes, ne sont plus vraiment de mise aujourd'hui. Pourtant, Cocteau dissèque avec une malice jouissive les dysfonctionnements d'une famille ingrate. Les rapports de force évoluent ainsi au cours d'une ronde fascinante de manipulations et de coups tordus. L'éclatement de la cellule familiale, faussement préservée jusqu'à présent, se fait ici au prix de moult humiliations.
L'origine théâtrale du scénario n'est nullement camouflée. Du lever de rideau à la fin du générique, jusqu'au respect de la structure en trois actes, Cocteau ne nie jamais l'influence de la scène. Il sait cependant dynamiser son récit, grâce à l'emploi récurrent du gros plan, d'une façon inaccessible pour le théâtre. Le jeu avec le mobilier n'est alors plus qu'un rappel enjoué de l'improvisation en direct, qui fait place ici à une intensité de l'interprétation incomparablement plus vigoureuse.
Car Les Parents terribles est avant tout porté par le jeu sans faute d'un ensemble d'acteurs et d'actrices exemplaire. La fougue du jeune Jean Marais se voit magnifiquement complémentée par l'interprétation plus tragique et calculée d'Yvonne de Bray et de Gabrielle Dorziat, qui jouent respectivement sa mère et sa tante. Il est proprement incroyable à quel point les comédiens maîtrisent, voire habitent, les répliques finement ciselées de Jean Cocteau !

Vu le 24 septembre 2008, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

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