Presque frères
Réalisé par Lucia Murat (2005)
| Durée | 102 minutes |
| Sortie | 07/12/2005 |
| Note | 5/10 |
Enfants, Miguel et Jorghino écoutaient ensemble leurs pères jouer la samba. Pendant la dictature militaire des années 1970, ils vont se retrouver dans la prison notoire d'Ilha Grande, l'un comme prisonnier politique et subversif, l'autre en tant que détenu de droit commun. Leur amitié renaissante va cependant buter sur l'arrivée de Pingão, un assassin qui sabote les règles carcérales établies par le collectif des prisonniers politiques. Trente ans plus tard, leurs différences ne se sont guère atténuées, puisque Miguel est devenu député et Jorghino le chef d'un important gang de dealers dans les favelas.
La critique
Par Tootpadu 22/11/2005
En nous révélant dès le début les trois fils principaux de l'histoire, dont l'issue ne laisse guère de doute, le film entre dans l'arène des grandes tragédies sociales. Mais il lui manque le souffle épique pour soutenir cet arc narratif qui souhaite relier les différentes étapes de la vie de deux hommes séparés par des contraintes sociales. Ainsi, seule la période en prison dispose d'une authenticité relative, apte à conférer plus que l'aura d'une saga familiale conventionnelle. Car, et les quelques plans de l'enfance, à l'aspect rétro exacerbé, et les deux actions au présent (l'entretien un peu superflu entre les deux protagonistes, l'égarement de la fille de Miguel qui s'est entichée d'un caïd) ne font que colporter des idées reçues. Le seul conflit intéressant éclate lorsque la paix utopique en prison est confrontée à la dure réalité de la rue et des défavorisés par naissance et non pas par choix. Malheureusement, les incessants allers et retours y rendent une montée de tension impossible.
A mi-chemin entre Carandiru et La Cité de Dieu, ce film s'empêche lui-même de faire une synthèse pertinente entre les atrocités de la prison et la violence des favelas à cause d'une structure mal assumée.
Vu le 21 novembre 2005, au Club Marbeuf, en VO