Trip to Asia En quête d'harmonie

Réalisé par Thomas Grube (2008)

Documentaire musical
Trip to Asia En quête d'harmonie
Durée 112 minutes
Sortie 29/10/2008
Note 7/10

En novembre 2005, l'Orchestre Philharmonique de Berlin, sous la direction de Sir Simon Rattle, s'embarque pour une tournée asiatique de trois semaines. Au programme : Beijing, Séoul, Shanghai, Hong Kong, Taipei et Tokyo, et les partitions de Beethoven, Richard Strauss et Thomas Adès.

La critique

Par Tootpadu 22/09/2008

Ce documentaire splendide est en quelque sorte le pendant allemand de Couleurs d'orchestre de Marie-Claude Treilhou, sorti sept mois plus tôt. Sauf que le ton honnête de ce dernier, centré sur les périodes de répétition et les tracas administratifs, prend tout de suite un air plus besogneux en comparaison avec la flamboyance de la tournée de l'orchestre allemand. En dépit de leurs sujets quasiment identiques, ces deux documentaires se distinguent donc clairement par l'aspect du travail orchestral qu'ils étudient : la tâche studieuse au jour le jour pour l'un, ou la consécration éclatante pour l'autre.
En plus, le style visuel de Thomas Grube est plus marqué que celui de la réalisatrice française. Grube sait en effet tirer une beauté visuelle saisissante autant des musiciens en exercice, que des motifs urbains des villes, où ils font escale. Les nombreuses interventions des artistes dressent un portrait presqu'intimiste de la vie d'un musicien de très haut niveau. Sans tomber ni dans l'hagiographie, ni dans le récit nombriliste, ces hommes et ces femmes, pour la plupart membres de l'Orchestre Philharmonique de Berlin depuis longtemps et à vie, évoquent leur travail avec une lucidité et une humilité impressionnantes. Et ils insistent bien sur les trois points requis pour atteindre leur niveau d'excellence : le talent, la volonté et la détermination.
Il y a juste deux petits bémols dans ce documentaire autrement tout à fait vigoureux. D'un, le côté purement musical de l'entreprise passe un peu trop à l'arrière-plan, par rapport aux interventions verbales, en voix-off, des musiciens. Celles-ci interrompent en effet invariablement chaque passage musical, au point d'empêcher le spectateur de se plonger corps, âme et oreilles dans l'exécution majestueuse des différents morceaux de Beethoven, Strauss et Adès. Et de deux, la structure du film arrive déjà au paroxysme émotionnel lors de l'ovation publique à Taipei. Même si le passage à Tokyo prend une tournure plus nostalgique, il ne ressemble alors plus qu'à un épilogue un brin artificiel, inclus dans le seul objectif de suivre l'intégralité de la tournée.

Vu le 17 septembre 2008, à la Salle Pathé Lamennais, en VO

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

Retour à la liste des Critiques