Dogora
Réalisé par Patrice Leconte (2004)
Documentaire musical
| Durée | 78 minutes |
| Sortie | 10/11/2004 |
| Note | 4/10 |
Un film musical sans acteur ni dialogue, tourné au Cambodge, et dont le scénario est constitué d'une suite symphonique du compositeur français Etienne Perruchon intitulée Dogora.
(Source Allociné)
La critique
Par Tootpadu 19/11/2004
Le projet avait de quoi nous laisser autant dubitatif que curieux. Faire un film entier sans intrigue, ni personnages, ni parole, cela relève d'un défi que peu de cinéastes du cinéma commercial ont entrepris. Rien que pour le courage, mêlé probablement avec un brin de mégalomanie, il convient de respecter Patrice Leconte, le touche-à-tout à la réussite incertaine. Malgré un accomplissement convenable du contrat de lecture (effectivement, il n'y a que de la musique et que des images en mouvement filmées au Cambodge), le résultat final confirme malheureusement le choix arbitraire qui a caractérisé l'entreprise dès le départ.
En l'absence d'une histoire, le modèle d'organisation le plus évident est celui par thème. Ainsi, Leconte nous présente de petits ensembles de gens en moto ou vélo, au travail ou à la décharge. Rien dans tout cela nous fait découvrir une facette nouvelle, à ajouter à l'imaginaire exotique collectif. Faute de commentaire ou de message clair, le flux d'images jolies à regarder, mais sans substance diégétique, coule doucement, à une vitesse fortement soporifique. Il s'agit en effet d'un point de vue de touriste, aussi sincère soit-il, qui enregistre des clichés des enfants élevés dans la pauvreté ou de la foule qui fouille les décharges. A travers une mise en musique discutable, cet aperçu ne fait qu'accentuer l'impression de misérabilisme, déjà largement véhiculé par la télévision.
Les quelques pousses de subtilité ou de beauté lyrique (la fille qui marche à travers les taudis entourés d'eau) se noient en effet dans une partition bombaste et limitée à quelques thèmes sans personnalité. En plus, la musique et l'image ne forment jamais un ensemble homogène et enthousiasmant. Ou Leconte choisit d'insister sur la différence entre la tranquilité du visuel et l'agitation de l'auditif (comme les enfants qui dorment alors que l'orchestre se déchaîne) et inversement. Ou bien il adapte ses images à la musique au point d'en faire une horreur de prévisibilité et de soumission à la convention. Mais à aucun moment, les deux parties qui forment le film se transcendent afin de créer quelque chose d'éblouissant ou de simplement beau.
Signalons enfin la réaction du public étonnante : alors que nous sommes presque reconnaissants envers notre relativement jeune voisin de rangée d'avoir su nous garder éveillés, à force d'agitation et de regards ennuyés vers sa montre, l'appel d'une dame plus dans la tranche d'âge majoritaire (50 ans passés), à la fin de la séance, de faire passer le mot si on avait aimé le film, qui risque de disparaître rapidement de l'affiche, était plus dans le ton d'agacement de cette dernière prétention de Leconte.
En l'absence d'une histoire, le modèle d'organisation le plus évident est celui par thème. Ainsi, Leconte nous présente de petits ensembles de gens en moto ou vélo, au travail ou à la décharge. Rien dans tout cela nous fait découvrir une facette nouvelle, à ajouter à l'imaginaire exotique collectif. Faute de commentaire ou de message clair, le flux d'images jolies à regarder, mais sans substance diégétique, coule doucement, à une vitesse fortement soporifique. Il s'agit en effet d'un point de vue de touriste, aussi sincère soit-il, qui enregistre des clichés des enfants élevés dans la pauvreté ou de la foule qui fouille les décharges. A travers une mise en musique discutable, cet aperçu ne fait qu'accentuer l'impression de misérabilisme, déjà largement véhiculé par la télévision.
Les quelques pousses de subtilité ou de beauté lyrique (la fille qui marche à travers les taudis entourés d'eau) se noient en effet dans une partition bombaste et limitée à quelques thèmes sans personnalité. En plus, la musique et l'image ne forment jamais un ensemble homogène et enthousiasmant. Ou Leconte choisit d'insister sur la différence entre la tranquilité du visuel et l'agitation de l'auditif (comme les enfants qui dorment alors que l'orchestre se déchaîne) et inversement. Ou bien il adapte ses images à la musique au point d'en faire une horreur de prévisibilité et de soumission à la convention. Mais à aucun moment, les deux parties qui forment le film se transcendent afin de créer quelque chose d'éblouissant ou de simplement beau.
Signalons enfin la réaction du public étonnante : alors que nous sommes presque reconnaissants envers notre relativement jeune voisin de rangée d'avoir su nous garder éveillés, à force d'agitation et de regards ennuyés vers sa montre, l'appel d'une dame plus dans la tranche d'âge majoritaire (50 ans passés), à la fin de la séance, de faire passer le mot si on avait aimé le film, qui risque de disparaître rapidement de l'affiche, était plus dans le ton d'agacement de cette dernière prétention de Leconte.
Vu le 19 novembre 2004, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 5
★★★★☆☆☆☆☆☆
4/10