J'attends quelqu'un
Réalisé par Jérôme Bonnell (2007)
Drame
| Durée | 96 minutes |
| Sortie | 21/03/2007 |
| Note | 6/10 |
Dans une petite ville de province, Louis, un patron de café, est amoureux de Sabine, une prostituée qu'il voit régulièrement. Son beau-frère Jean-Philippe doit assumer la garde d'un grand chien noir qu'une fille en fuite lui a confié. Et le jeune Stéphane retourne dans sa ville natale, après avoir parcouru la France, sans oser s'approcher de Farida, sa copine d'alors.
La critique
Par Tootpadu 19/02/2007
Vagabond dans l'âme et dans la forme, Jérôme Bonnell nous présente dans son troisième film une autre histoire attachante sur des personnages en plein déracinement émotionnel. Son conte mélancolique ressemble ainsi plus à son premier film (Le Chignon d'Olga) qu'à son deuxième (Les Yeux clairs) par sa structure chorale, qui passe avec une nonchalance séduisante d'un couple à l'autre.
Bonnell n'y pratique aucunement l'apologie de l'amour parfait, mais il explore avec une sobriété appréciable les imperfections pénibles des relations amoureuses conflictuelles. D'un côté, il y a le restaurateur qui aimerait tant passer au stade suivant avec sa pute fugace, et de l'autre, il y a le jeune homme mystérieux qui paraît être revenu dans sa ville natale un peu malgré lui, pour s'approcher de la raison de son retour par des bifurcations tordues. Curieusement, le centre du récit, qui est censé créer le lien entre ces deux histoires est d'une vacuité étonnante, quoique guère pénalisante. Le personnage d'Emmanuelle Devos n'a ainsi pas grand-chose à faire, ce qui donne à la comédienne l'occasion de briller simplement par sa présence, toujours aussi étrangement enivrante.
Le jeu très fin de l'actrice est admirablement complémentaire par rapport aux interprétations à fleur de peau de Jean-Pierre Darroussin et, surtout, le jeune Sylvain Dieuaide, la révélation fulgurante du film. Dans leur fragilité émotionnelle, ils constituent un cadre souple pour les vagabondages plus ou moins pittoresques qui peuplent ce film tout à fait réussi.
La vision de l'univers français de Jérôme Bonnell devient de plus en plus aiguë, de film en film. Par son refus de toute prétention artistique et par son amour affiché des choses et des émotions ordinaires, ce jeune réalisateur de même pas trente ans s'affirme comme un des nouveaux talents du cinéma français à surveiller !
Bonnell n'y pratique aucunement l'apologie de l'amour parfait, mais il explore avec une sobriété appréciable les imperfections pénibles des relations amoureuses conflictuelles. D'un côté, il y a le restaurateur qui aimerait tant passer au stade suivant avec sa pute fugace, et de l'autre, il y a le jeune homme mystérieux qui paraît être revenu dans sa ville natale un peu malgré lui, pour s'approcher de la raison de son retour par des bifurcations tordues. Curieusement, le centre du récit, qui est censé créer le lien entre ces deux histoires est d'une vacuité étonnante, quoique guère pénalisante. Le personnage d'Emmanuelle Devos n'a ainsi pas grand-chose à faire, ce qui donne à la comédienne l'occasion de briller simplement par sa présence, toujours aussi étrangement enivrante.
Le jeu très fin de l'actrice est admirablement complémentaire par rapport aux interprétations à fleur de peau de Jean-Pierre Darroussin et, surtout, le jeune Sylvain Dieuaide, la révélation fulgurante du film. Dans leur fragilité émotionnelle, ils constituent un cadre souple pour les vagabondages plus ou moins pittoresques qui peuplent ce film tout à fait réussi.
La vision de l'univers français de Jérôme Bonnell devient de plus en plus aiguë, de film en film. Par son refus de toute prétention artistique et par son amour affiché des choses et des émotions ordinaires, ce jeune réalisateur de même pas trente ans s'affirme comme un des nouveaux talents du cinéma français à surveiller !
Vu le 15 février 2007, au Club de l'Etoile
★★★★★★☆☆☆☆
6/10