Loin de Sunset Boulevard
Réalisé par Igor Minaiev (2008)
| Durée | 143 minutes |
| Sortie | 07/05/2008 |
| Note | 5/10 |
Après avoir séjourné aux Etats-Unis pendant deux ans, le jeune réalisateur Konstantin Dalmatov retourne en Union Soviétique au début des années 1930, en compagnie de son amant, le célèbre cinéaste Alexandre Mansourov. Dalmatov n'arrive pas à mettre sur pied son premier film, une comédie musicale, à cause des méthodes répressives des cadres du studio. Pour avoir carte blanche, il est obligé de signer un papier, qui l'engage à soutenir le parti communiste en cas de besoin. En échange, son orientation sexuelle est passée sous silence et la production du film commence sur le champ. Dalmatov engage la jeune actrice inexpérimentée Lidia Polyakova pour tenir la vedette dans Le Rossignol, qui plaît au dictateur Staline et qui assure au réalisateur et à l'actrice célébrité et fortune. Dalmatov demande alors à Lidia Polyakova de devenir sa femme, afin de sortir tant soit peu de l'étau de la surveillance par les autorités russes.
La critique
Par Tootpadu 17/04/2008
La narration, fluide pour un film de presque deux heures et demie, épouse en effet trop un rythme mélodramatique. Dès l'introduction en forme de récit cadre situé dans un passé moins lointain, les fondations sont posées pour une histoire chargée en émotions toutes faites et en coups du destin, qui ont emmené le couple vedette là où il est dans les années 1980. Alors que la reconstitution historique n'est pas sans charme, c'est surtout aux moments charniers de l'intrigue agitée que le style d'Igor Minaiev devient pompeux. La plupart du temps plus proche d'une esthétique de téléfilm, sa mise en scène s'avère particulièrement peu subtile aux moments des affrontements tragiques, soulignés par une musique qui pèche par le même excès d'emphase.
Sinon, Loin de Sunset Boulevard permet un regard pas sans intérêt derrière les décors d'une industrie de propagande bien huilée. Entre les chansons édifiantes et les acteurs grimés pour mieux ridiculiser l'ennemi américain, les pratiques du cinéma russe sont décrites sans complaisance. La même chose n'est hélas pas tout à fait vraie pour la représentation de l'homosexualité, notamment par rapport au deuxième amant de Dalmatov, qui accumule a priori les défauts sociaux.
Vu le 16 avril 2008, au Club Marbeuf, en VO