Paperboy
Réalisé par Lee Daniels (2012)
| Durée | 107 minutes |
| Sortie | 17/10/2012 |
| Note | 3/10 |
A la fin des années 1960, Hillary Van Wetter est condamné à la peine capitale pour avoir assassiné le shérif Call. Alors que le prisonnier attend d’être exécuté, personne ne s’émeut de son cas dans la petite ville de Lately en Floride, à l’exception de la prostituée Charlotte Bless, qui entretient un échange épistolaire avec lui, et du journaliste Ward Jansen. Celui-ci s’installe avec son compagnon d’écriture Yardley dans le garage familial, afin d’assembler les preuves susceptibles d’innocenter Hillary. Son petit frère Jack leur sert de chauffeur. Mais le jeune homme s’implique surtout dans cette affaire torride à cause de Charlotte, son premier amour.
La critique
Par Tootpadu 18/10/2012
La prémisse de l’intrigue poisseuse était pourtant à peu près intéressante, dans la limite des clichés propres au sud des Etats-Unis, avec ses conflits raciaux et son climat étouffant, qui pousse les personnages à toutes sortes d’actions impulsives, soit violentes, soit vulgaires. Hélas, la narration misérable ne sait tirer strictement rien de ces poncifs sublimés. Elle les enchaîne juste dans un état d’esprit mou et décousu, jamais sûre du ton à adopter pour conférer la plus infime intensité dramatique à cette découverte des dures réalités de la vie, de ses parts d’ombres et de ses plaisirs défendus, par Jack, le jeune protagoniste aussi fade que le récit dans son ensemble. Car le premier problème de ce film qui en a un nombre incalculable, c’est ce conflit de point de vue entre celui de la bonne Anita, qui fournit l’encadrement narratif faussement sage, et celui de Jack, qui se trouve presque malgré lui au centre des pulsions mi-libidineuses, mi-meurtrières de son entourage.
Lee Daniels aurait pu être la figure de proue d’un nouveau cinéma américain contestataire, fier de ses origines afro-américaines et de son identité gaie. En l’espace de deux films, il s’est au contraire navigué par sa propre faute sur la décharge d’un cinéma prétentieux et honteusement mal ficelé.
Vu le 17 octobre 2012, au MK2 Quai de Seine, Salle 2, en VO