Clef (La)
Réalisé par Guillaume Nicloux (2007)
Drame
| Durée | 116 minutes |
| Sortie | 19/12/2007 |
| Note | 6/10 |
Eric Vincent n'a jamais connu son père. Un enfant de la DDASS, il ne veut plus rien en savoir à désormais 32 ans. Mais ce manque pèse sur la question des enfants qu'Audrey, la femme d'Eric, pose de plus en plus. Un jour, un homme contacte Eric par téléphone et lui annonce qu'il souhaite lui transmettre les cendres de son père.
La critique
Par Tootpadu 05/11/2007
Rien ne brille dans l'univers de Guillaume Nicloux, tel qu'il transparaît à travers ses désormais huit films. Comme dans ses policiers sombres et nihilistes, Une affaire privée et Cette femme-là, l'histoire triangulaire évoquée ici ne permet aucune rédemption réelle. C'est une conception sale et pessimiste de l'humanité qui s'y manifeste, au sein d'un environnement crasseux et sans joie. L'état d'esprit désabusé des personnages, ainsi que leur incapacité d'influer sur le cours des événements faute d'aspiration à la noblesse, y trouve parfaitement sa place. Toutefois, cette banalité misérable du ton ne rend pas forcément les films du réalisateur très engageant.
Une lacune qui est partiellement amoindrie dans ce film-ci, grâce à une structure narrative complexe, mais rarement gratuite. Le scénario de Nicloux et Pierre Trividic joue en effet très adroitement sur l'ignorance et des personnages, et du spectateur. La narration parallèle entre trois histoires pourrait déconcerter au début, d'autant plus que les liens les rapprochant tardent à être dévoilés. Sauf que le scénario distille méthodiquement juste les informations nécessaires pour garder notre intérêt éveillé. Le montage particulièrement efficace et la solidité de la construction de l'intrigue, malgré sa complexité et son étendue temporelle, garantissent alors une plongée plutôt fascinante dans l'existence en pleine déroute d'un homme ordinaire. Sans inventer grand-chose, La Clef applique les règles de la narration parallèle jusque dans ses retranchements les plus astucieux ! Chaque révélation majeure, aussi aberrante soit-elle, ajoute une pièce majeure au puzzle, dont l'aspect général s'avère en fin de compte pratiquement exempt de défauts.
Pourquoi Thierry Lhermitte ne justifie-t-il sa réputation d'acteur populaire en termes dramatiques que dans les films de Guillaume Nicloux depuis le début de la décennie ? Méconnaissable au début, il campe ici une fois de plus un homme au bout du rouleau, la conclusion sans gloire de son personnage récurrent de François Manéri. Dans un second rôle tout aussi savoureux et désespérant, Josiane Balasko reprend également son personnage de Cette femme-là. Le reste de la distribution fort prestigieuse confère une intensité à l'histoire, qui aurait pu partir dans tous les sens avec des prestations moins maîtrisées. Enfin, même si Guillaume Canet nous indiffère toujours en tant qu'acteur, son interprétation d'un homme moyen aspiré par des affaires louches reste convaincante.
Une lacune qui est partiellement amoindrie dans ce film-ci, grâce à une structure narrative complexe, mais rarement gratuite. Le scénario de Nicloux et Pierre Trividic joue en effet très adroitement sur l'ignorance et des personnages, et du spectateur. La narration parallèle entre trois histoires pourrait déconcerter au début, d'autant plus que les liens les rapprochant tardent à être dévoilés. Sauf que le scénario distille méthodiquement juste les informations nécessaires pour garder notre intérêt éveillé. Le montage particulièrement efficace et la solidité de la construction de l'intrigue, malgré sa complexité et son étendue temporelle, garantissent alors une plongée plutôt fascinante dans l'existence en pleine déroute d'un homme ordinaire. Sans inventer grand-chose, La Clef applique les règles de la narration parallèle jusque dans ses retranchements les plus astucieux ! Chaque révélation majeure, aussi aberrante soit-elle, ajoute une pièce majeure au puzzle, dont l'aspect général s'avère en fin de compte pratiquement exempt de défauts.
Pourquoi Thierry Lhermitte ne justifie-t-il sa réputation d'acteur populaire en termes dramatiques que dans les films de Guillaume Nicloux depuis le début de la décennie ? Méconnaissable au début, il campe ici une fois de plus un homme au bout du rouleau, la conclusion sans gloire de son personnage récurrent de François Manéri. Dans un second rôle tout aussi savoureux et désespérant, Josiane Balasko reprend également son personnage de Cette femme-là. Le reste de la distribution fort prestigieuse confère une intensité à l'histoire, qui aurait pu partir dans tous les sens avec des prestations moins maîtrisées. Enfin, même si Guillaume Canet nous indiffère toujours en tant qu'acteur, son interprétation d'un homme moyen aspiré par des affaires louches reste convaincante.
Vu le 5 novembre 2007, à l'Elysées Biarritz
★★★★★★☆☆☆☆
6/10