Désir{s]
Réalisé par Valeska Grisebach (2007)
Drame relationnel
| Durée | 86 minutes |
| Sortie | 03/10/2007 |
| Note | 6/10 |
Dans le petit village de Zühlen, Markus travaille comme serrurier-mécanicien et fait partie des pompiers volontaires. Il vit avec Ella depuis longtemps et les deux ont gardé l'amour intact au sein de leur couple. Lors d'un stage de formation dans une ville voisine, Markus rencontre Rose, une serveuse. Leur relation commence presque par hasard, après une soirée de pompiers bien arrosée, mais Markus n'arrive pas à y mettre un terme. En même temps, il ne veut pas faire du mal à Ella.
La critique
Par Tootpadu 28/08/2007
L'observation saisissante des sentiments, qui grondent derrière une banalité apparente, prime dans ce film allemand. Pas très loin du style d'un Bruno Dumont, qui étude des explosions charnelles ou sanglantes dans un quotidien anesthésiant, Valeska Grisebach enregistre la passion mal vécue parmi des personnages entièrement ordinaires. Mais c'est d'abord la description des occupations provinciales qui intrigue. Entre les pompiers volontaires et la chorale, le scénario capte admirablement un réseau social typiquement allemand, sans la moindre touche d'ironie qui relativiserait sa banalité.
Le même trait direct et neutre se retrouve du côté de l'intrigue principale. Le protagoniste, campé avec une intensité stoïque remarquable par le non-professionel Andreas Müller, fait preuve d'une passivité taciturne qui nous éloignerait de lui dans des circonstances plus élaborées. Mais le ton épuré et volontairement banal du film lui confère une accessibilité hors du commun. Il suffit alors de quelques répliques, en accord parfait avec sa communication verbale réduite, pour éprouver toute la peine que lui fait subir son déchirement sentimental.
Les deux coups violents vers la fin, qui rapprochent Désir(s) définitivement du territoire filmique et dramatique de Dumont, sonnent alors comme des obligations narratives un peu gratuites. Une impression qui s'accentue encore lors de l'épilogue, lorsque les enfants pratiquent pour la première fois un recul analytique sur l'intrigue. Ce qui est d'autant plus dommage que l'approche directe, sans filet de secours, était le point fort du film jusque là.
Le même trait direct et neutre se retrouve du côté de l'intrigue principale. Le protagoniste, campé avec une intensité stoïque remarquable par le non-professionel Andreas Müller, fait preuve d'une passivité taciturne qui nous éloignerait de lui dans des circonstances plus élaborées. Mais le ton épuré et volontairement banal du film lui confère une accessibilité hors du commun. Il suffit alors de quelques répliques, en accord parfait avec sa communication verbale réduite, pour éprouver toute la peine que lui fait subir son déchirement sentimental.
Les deux coups violents vers la fin, qui rapprochent Désir(s) définitivement du territoire filmique et dramatique de Dumont, sonnent alors comme des obligations narratives un peu gratuites. Une impression qui s'accentue encore lors de l'épilogue, lorsque les enfants pratiquent pour la première fois un recul analytique sur l'intrigue. Ce qui est d'autant plus dommage que l'approche directe, sans filet de secours, était le point fort du film jusque là.
Vu le 27 août 2007, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10