Desierto adentro

Réalisé par Rodrigo Pla (2010)

Drame
Desierto adentro
Durée 113 minutes
Sortie 28/07/2010
Note 5/10

En 1926, les troupes fédérales obligent le prêtre du petit village mexicain, où habite le paysan Elias avec sa famille, à s'enfuir. Elias le fait revenir en cachette peu de temps après, parce que sa femme, prête à accoucher de leur huitième enfant, a fait une mauvaise chute et qu'elle craint pour le salut spirituel de son fils pas encore né. En guise de représailles, les soldats tuent tous les hommes du village, y compris le fils aîné d'Elias, Aureliano, qui aidait en vain le prêtre à échapper à la persécution. Par miracle, Elias arrive à s'enfuir, mais il rejoint sa famille trop tard pour sauver sa femme, morte en couches. Avec le nouveau-né, qu'il appelle également Aureliano, et ses autres enfants, Elias s'installe alors à l'écart de la civilisation. Il espère épargner à ses enfants le mauvais sort qui s'abat sur lui, en construisant une église.

La critique

Par Tootpadu 05/05/2008

On sort comme assommé de ce deuxième film du réalisateur mexicain Rodrigo Pla, qui clôturera la Semaine de la critique à Cannes cette année, et dont le premier, La Zona, passe actuellement en salles en France. Le thème en est tellement morbide et lugubre que même les transitions entre les différents chapitres, assez naïvement animées, n'arrivent pas à apporter un peu de fraîcheur. La pesanteur de cette tragédie familiale et son penchant pour les superstitions religieuses et autres coups fatals du sort en font un film difficile à digérer et pas plus aisément à apprécier.
La mise en scène de Rodrigo Pla n'est en effet jamais tout à fait à la hauteur de ses ambitions narratives. La structure figée de la répartition en chapitres, chacun terminé par un tableau du jeune Aureliano et accompagné d'une sorte de prière, contraste avec les déchaînements de pulsions réprimées et l'omniprésence de la mort sur lesquel se base l'histoire. En dehors de ces coupures artificielles, le style du réalisateur s'apparente davantage au dépouillement esthétique, notable récemment dans le cinéma latino-américain. Mais la photographie soit trop sombre, soit surexposée, ne suffit pas pour conférer au film une apparence visuelle, en mesure de relayer la spirale inextricable de la perdition qu'il cherche à évoquer.
En somme, un film de festival typique, qui s'essaye à une multitude de thèmes déprimants, du fanatisme religieux au suicide, en passant par l'inceste, sans y apporter une touche personnelle, qui les rendrait réellement bouleversants.

Vu le 5 mai 2008, à la Cinémathèque Française, Salle Jean Epstein, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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