Ciel de Suely (Le)
Réalisé par Karim Aïnouz (2007)
Drame
| Durée | 86 minutes |
| Sortie | 11/07/2007 |
| Note | 6/10 |
Après être partie de la province avec son copain, Hermila, 21 ans, y revient, dans sa ville natale d'Iguatu. Accompagnée de son jeune fils, elle s'installe chez sa grand-mère et sa tante, en attendant que son copain la rejoint. Lorsqu'il devient clair que celui-ci ne viendra pas, Hermila trouve un moyen peu conventionnel pour réunir l'argent qui lui permettra de partir ailleurs : elle organise une loterie dont le seul lot est une nuit avec elle.
La critique
Par Tootpadu 28/06/2007
Partir pour mieux revenir, ou bien, revenir pour mieux partir ? Telle semble être l'interrogation principale de ce film brésilien calme, mais fort. Sous une cloche de chaleur étouffante, l'action y progresse à l'image de la protagoniste, avec des hauts et des bas, mais toujours décidée à repartir. Cette envie même de ne pas rester à l'endroit que Hermila avait quitté sur l'impulsion de la passion et auquel elle revient par obligation maternelle, elle n'a pas de but précis, sinon la certitude qu'ailleurs, le plus loin possible, l'herbe sera toujours plus verte. Peu importe les moyens employés pour y arriver, son retour à Iguatu ne doit jamais dépasser le statut d'une simple escale, dès qu'il s'avère que le pis-aller est en fait un cul-de-sac.
Pour évoquer cette histoire sur la pugnacité féminine en temps de crise, Karim Aïnouz se garde justement de tomber dans le misérabilisme ou les grandes effusion de souffrance. La vie de Hermila s'est arrêtée avant même d'avoir commencé et on voit mal comment elle s'en sortira mieux dans une autre grande ville, soites. Cependant, son insistance pour arriver à ses fins, quitte à passer pour une putain pendant quelques jours, donne l'espoir qu'elle aura de quoi subsister dans la jungle urbaine. Car contrairement à son entourage, incapable de quitter son nid provincial (cf. le dernier plan tout à fait parlant), elle a une rage de vivre qui se manifeste plus par ses actions que par ses paroles.
Après une Madame Satã plutôt inégale, Karim Aïnouz maîtrise mieux ici son récit. Le ton posé et l'emploi judicieux de l'aspect inhospitalier de la ville produisent un drame poignant, qui ne se permet pas le moindre excès.
Pour évoquer cette histoire sur la pugnacité féminine en temps de crise, Karim Aïnouz se garde justement de tomber dans le misérabilisme ou les grandes effusion de souffrance. La vie de Hermila s'est arrêtée avant même d'avoir commencé et on voit mal comment elle s'en sortira mieux dans une autre grande ville, soites. Cependant, son insistance pour arriver à ses fins, quitte à passer pour une putain pendant quelques jours, donne l'espoir qu'elle aura de quoi subsister dans la jungle urbaine. Car contrairement à son entourage, incapable de quitter son nid provincial (cf. le dernier plan tout à fait parlant), elle a une rage de vivre qui se manifeste plus par ses actions que par ses paroles.
Après une Madame Satã plutôt inégale, Karim Aïnouz maîtrise mieux ici son récit. Le ton posé et l'emploi judicieux de l'aspect inhospitalier de la ville produisent un drame poignant, qui ne se permet pas le moindre excès.
Vu le 28 juin 2007, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10