Quatrième morceau de la femme coupée en trois (Le)

Réalisé par Laure Marsac (2007)

Comédie
Quatrième morceau de la femme coupée en trois (Le)
Durée 72 minutes
Sortie 07/03/2007
Note 6/10

Depuis qu'elle était petite, Louise a toujours été fascinée par les voitures. Jusqu'à présent sans permis, elle s'efforce cependant à le passer pour gagner en autonomie et pour pouvoir emmener sa fille à l'école. Louise apprendra vite que savoir conduire n'est pas tout, encore faut-il pouvoir accéder à sa voiture.

La critique

Par Tootpadu 25/02/2007

Les surprises abondent dans ce petit premier film fort sympathique. A commencer par sa durée ambiguë, trop longue pour un moyen-métrage, mais étonnamment courte pour un long. La narration s'en ressent, positiviement, puisque la réalisatrice organise son film comme une suite libre de trois moments clefs dans la vie de sa héroïne. Trois périodes qui tournent toutes autour de la voiture, sans que Le Quatrième morceau ... ne soit un film de propagande pour un moyen de locomotion de moins en moins bien vu dans notre ère de conscience climatique.
Le rapport de Louise à la bagnole sert davantage de catalyseur à ce portrait de femme ébouriffant, loin des sentiers battus. D'une densité insoupçonnée, peut-être due à la négligence assumée d'un fil narratif conventionnel, le film se fait un plaisir d'observer la jeune femme dans des situations qui deviennent exceptionnelles par leur banalité. En effet, qui n'a pas souffert des commentaires laconiques de son prof d'auto école, et qui n'a pas été exaspéré d'être enfermé dehors ? De cette accessibilité des différentes péripéties, Laure Marsac puise un ton à la fois désopilant et grave. Les conseils des passants dans le volet central débordent ainsi d'ironie jubilatoire, tout comme l'échange d'expériences d'heures de conduite entre les deux amies dans le premier.
Comme elle l'indique dans le dossier de presse, la réalisatrice et actrice principale radieuse a laissé volontairement à l'extérieur de la parenthèse de son film l'adolescence, l'âge même au cours duquel elle avait connu sa première heure de gloire professionnelle, grâce au César du meilleur espoir féminin qu'elle avait obtenu à l'époque pour La Pirate de Jacques Doillon. C'est donc au spectateur de s'imaginer le passage à l'âge ingrat de ce personnage névrosé, qui veut bien faire, mais qui dégage un air d'insouciance et d'irresponsabilité simplement attachants.
Enfin, la bande originale de Grégoire Auclerc-Galland accompagne admirablement les stations successives dans la vie de Louise. Entre les thèmes de piano enjoués du début et les accords plus charnus à la fin, elle crée un cadre idéal pour les différentes galères dans lesquelles se trouve Louise, presque malgré elle.

Vu le 22 février 2007, au Club Marbeuf

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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