Wicker Man (The)

Réalisé par Robin Hardy (2007)

Policier
Wicker Man (The)
Durée 88 minutes
Sortie 10/01/2007
Note 7/10

Fin avril 1972, le sergent Howie arrive sur l'île reculée de Summerisle, en Ecosse. Il s'y est rendu en hydravion, afin d'enquêter sur la disparition de la jeune Rowan Morrison, signalée par lettre anonyme. La population locale l'accueille fraîchement, en répondant de manière évasive à ses questions. Les premiers éléments que le policier, un catholique pratiquant, recueille ne le rassurent point. Toute l'île semble en effet être vouée à des cultes païens et des rites ancestraux.

Les critiques

Par Mulder 30/11/2013

Curieusement le réalisateur britannique Robin Hardy n’aura réalisé dans sa courte carrière que trois films dont celui-ci qui est son premier. Considéré comme beaucoup comme un film culte maudit, the Wicker man fut coupé au montage et proposé pendant longtemps dans une version non validée par son réalisateur. La version que nous avons pu découvrir lors du festival du PIFFF est donc une version de cent deux minutes contre quatre-vingt-huit pour la version projetée jusque maintenant. Ce film à la frontière du film fantastique (pour son ambiance) et du thriller classique s’apparente à une œuvre intelligente et profonde. Accueilli très froidement lors de sa sortie après des soucis de production, il aura fallu plusieurs années pour que celui-ci obtienne le statut de classique post Hammer. Un remake fut même réalisé avec comme réalisateur Neil LaBute et acteur principal Nicolas Cage.

The Wicker man mérite amplement sa notoriété d’être l’un des meilleurs films d’horreur anglais et bénéficie de paysage attrayant, d’une musique envoûtante et d’un casting parfaitement maîtrisé et convaincant. L’excellent scénario de Anthony Shaffer (Le Limier, Mort sur le nil, Le crime de l’Orient Express) permet d’entretenir une ambiance effrayante et surréaliste tout au long du récit sans recourir à aucune scène sanglante et blasphématoire. La fondation du film tient plutôt à remettre en valeur le folklore celtique avec sacrifice rituel pour permettre à la nature d’être clémente avec les récoltes. Ce n’est donc pas un hasard fortuit si le personnage principal, un policier fiancé et encore vierge est happé malgré lui dans une machination typique du jeu du chat et de la souris. Au fur et à mesure que son enquête avance, il se rendra compte de différents éléments perturbateurs de cette communauté à part. Ce n’est uniquement à la fin du film que l’on comprendra la raison de cette manipulation sordide en voyant cet homme de paille géant offert en sacrifice humain et animal à une divinité ancienne.

Anthony Shaffer signait avec ce film son premier scénario original dans le but de refinancer la société de production British Lion Film Corporation. Cependant plusieurs incidents éclatèrent sur le lieu de tournage entre notamment le réalisateur et l’actrice Britt Ekland (enceinte au moment du tournage) et le film connu donc les affres d’une production chaotique (film coupé au montage…). Ce montage définitif permet donc de redécouvrir totalement ce film. A force de ne pas être clairement identifiable par son genre principal, il peut être perçu aussi bien comme une comédie musicale, un thriller psychologique, une dramatique et bien entendu comme un film d’horreur. Pour confirmer cette impression de film d’horreur, le réalisateur et producteur Peter Snell engagèrent des icônes Hammer tel Christpher Lee et Ingrid Pitt.

Enfin, le final trop abrupt aurait mérité une scène de conclusion permettant de savoir si le sacrifice rituel qui est le thème principal du film a réellement un impact sur les récoltes de cette communauté ou si celui-ci n’est pas simplement un acte de pur folie d’un peuple dénué de fondement catholique et incapable de reconnaître le bien du mal sous-jacent. Wicker man comme beaucoup de classique continue à enthousiasmer le public malgré le poids des années car il représente un cinéma de qualité parfaitement distillé. Il aurait mérité un meilleur accueil de la part du public lors de sa sortie…

Vu le 24 novembre 2013 au Gaumont Opéra Capucines, Salle 02, en VO

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

Par Tootpadu 16/01/2007

Parler d'un film maudit lorsqu'on évoque The Wicker Man, ce serait presque minimiser le parcours de ce film britannique du début des années 1970. Outre les soucis de sa production, qui comprennent un négatif et de nombreuses scènes disparus et probablement un accueil très froid de la part des censeurs anglais, il aura tout de même mis plus de trente ans avant une sortie officielle sur les écrans français. S'il faut garder l'espoir de pouvoir découvrir un jour le remake récent de Neil LaBute avec Nicolas Cage et Ellen Burstyn, à la réputation déplorable, en vue de cette sortie très tardive, la date de cette dernière ne semble pas avoir été choisie par hasard. Comme le film événement de cette semaine (Apocalypto), celui de Robin Hardy traite également d'une façon peu conventionnelle de rites ancestraux et de sacrifices humains.
Dans un cadre fait de filles partiellement dénudées et de pratiques sexuelles libertines, The Wicker Man dresse deux croyances diamétralement opposées l'une contre l'autre. Le point commun entre la foi catholique de Howie et les pratiques païens des habitants de l'île est le fanatisme, un état d'esprit borné et intransigeant. De ce point de vue, le comportement des personnages ne se distingue pas tellement, entre le policier qui campe sur sa légitimité et les païens élevés depuis des siècles dans leurs pratiques anciennes.
Dense et prenant, le film accuse cependant un peu son âge. Comme pour son contemporain, Les Chiens de paille de Sam Peckinpah, la violence et la menace d'une communauté close ont été reprises maintes fois ces trente dernières années, au point de rendre l'action de ces films, révolutionnaires à leur époque, peu exceptionnels de nos jours. Ce qui ne veut pas dire que The Wicker Man n'est pas un thriller inquiétant, dans la plus pure tradition des années 1970 !

Vu le 15 janvier 2007, au Publicis Cinémas, Salle 1, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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