Coupable
Réalisé par Laetitia Masson (2008)
| Durée | 107 minutes |
| Sortie | 27/02/2008 |
| Note | 6/10 |
Le riche industriel Paul Kaplan est retrouvé mort un dimanche matin, un couteau de cuisine planté dans le dos. Les deux suspects sont son épouse Blanche, une femme pieuse et frustrée, et Marguerite, la cuisinière du couple, qui vit encore chez ses parents à 34 ans et qui n'a pas cessé de rêver du prince charmant. Alors que l'inspecteur Louis Berger mène l'enquête et tombe sous le charme peu conventionnel de Marguerite, Mme Kaplan se fait représenter par Lucien Lambert, un jeune avocat spécialisé dans les cas de divorce, qui flaire dans cette affaire l'occasion rêvée de se faire un nom.
La critique
Par Tootpadu 28/01/2008
Cette dernière étape avant la résignation existentielle prend des formes diverses. Il y a bien sûr le personnage principal, une princesse névrosée aux idées et espoirs radicaux et invariablement déçus. Et comme son pendant encore plus éloigné de la réalité des choses : sa patronne, une fleure fanée qui se réfugie dans des délires religieux. Mais la démarche des personnages annexes, qui gravitent autour de ce meurtre passionnel en tant qu'observateurs intrigués, s'avère encore plus tordue et peu orthodoxe. L'avocat dispose, d'une certaine manière, de tout ce dont rêve Marguerite, mais il n'est pas plus comblé pour autant. Et le policier, la présence observatrice quasiment onirique de chaque événement, mène également un jeu, qui ne répond pas exclusivement aux exigences policières.
La mise en scène stylisée de Laetitia Masson participe pour beaucoup au ton irréel du film. A partir d'un décor et d'une intrigue plutôt communs, elle a élaboré une forme qui traduit parfaitement la présence des personnages, hantés par des chimères abstraites. Cependant, la maîtrise de la longue séquence d'introduction, qui dure plus d'un quart d'heure avant que le générique n'apparaisse, se perd partiellement vers la fin, lorsque les montages répétitifs et les sauts dans le temps embrouillent légèrement le récit.
Enfin, la réalisatrice est toujours aussi bonne directrice d'acteurs. Que ce soient les apparitions courtes de Camille de Sablet ou du trop rare Yasmine Belmadi, ou les compositions imprévisibles de Hélène Fillières et de Jérémie Renier, l'interprétation du film est pratiquement sans faille.
Vu le 28 janvier 2008, au Club Marbeuf