Café Transit
Réalisé par Kambozia Partovi (2006)
| Durée | 111 minutes |
| Sortie | 18/10/2006 |
| Note | 6/10 |
Selon la tradition, Reyhan est censé être prise en charge par son beau-frère Nasser, après la mort prématurée de son mari Ismael. Mais la mère de deux filles préfère garder ses distances et rester indépendante. Contre l'avis de la famille de son mari, Reyhan rouvre le café routier que ce dernier lui a laissé. Grâce au soin qu'elle apporte à l'accueil et à la cuisine, son restaurant attire de plus en plus de clients et même des camionneurs étrangers. Nasser craint alors pour l'honneur de sa famille et la prospérité de son propre restaurant et il cherche à convaincre Reyhan d'abandonner son activité professionnelle.
La critique
Par Tootpadu 10/10/2006
Kambozia Partovi nous invite en effet à un dépaysement total vers une culture lointaine qu'il montre avec le moins de préjugés possible. La lutte de Reyhan pour un peu d'autonomie ne prend ainsi pas des allures de révolte tragique, mais elle souligne d'une façon plutôt posée le rôle grandissant que les femmes prennent dans un pays encore régi par des lois et des traditions archaïques. Cette promotion d'un esprit progressiste relatif est sans doute pour quelque chose dans le choix de ce film comme représentant national dans la catégorie du meilleur film étranger aux Oscars, une vitrine idéale pour dissiper l'impression internationale négative que provoque toujours le volet nucléaire iranien. En même temps, cette bienveillance un peu trop affichée figure comme seul petit bémol dans un film autrement très satisfaisant.
A l'image de Salé sucré d'Ang Lee et du Festin de Babette de Gabriel Axel, Café Transit insiste délicieusement sur les bienfaits de l'art culinaire sous toutes ses formes. Si le café de Reyhan marche aussi bien, au détriment même de son propre beau-frère, c'est qu'elle sait cuisiner avec inventivité (la moussaka improvisée) et application. Outre cette mise en valeur des différents plats cuisinés, qui font indéniablement saliver, le film dépeint avec acuité les moeurs d'un pays assez différent du nôtre. De visites réciproques en thés offerts à toute occasion, le cadre de vie de la campagne iranienne apporte un fond réaliste précieux au film. Ce qui ne veut nullement dire que le film manque d'ouverture d'esprit ! Au contraire, les moments de peine, de joie et d'amour partagés entre des personnages qui ne parlent pas la même langue rappellent agréablement la communion mentale entre Ghost Dog (Forest Whitaker) et Raymond (Isaach de Bankolé) dans Ghost Dog de Jim Jarmusch.
Vu le 9 octobre 2006, au Club Marbeuf, en VO