Bubble

Bubble
Titre original:Bubble
Réalisateur:Steven Soderbergh
Sortie:Cinéma
Durée:73 minutes
Date:10 mai 2006
Note:
Dans une petite ville de la campagne profonde américaine, Martha travaille dans une petite usine de poupées. Le soir, elle s'occupe de son vieux père dépendant et elle s'est lié d'amitié avec Kyle, un jeune collègue un peu renfermé. Lorsque l'usine doit faire face à une commande exceptionnelle, une jeune femme, Rose, est engagée pour renforcer l'effectif.

Critique de Tootpadu

Steven Soderbergh continue son parcours de cinéaste réellement indépendant avec cette production intimiste. Personne d'autre dans le cinéma américain contemporain ne peut et n'ose se permettre d'alterner le plus librement possible entre des blockbusters au casting prestigieux (sa série des polars autour de Danny Ocean) et des oeuvres à vocation artistique dont l'enjeu économique est négligeable. Ainsi, Bubble avait surtout fait parler de lui lors de sa sortie américaine, parce qu'il inaugurait une triple stratégie de distribution, qui le rendait simultanément disponible au cinéma, en DVD et sur le câble. Une innovation commerciale que nous ne sommes pas prêts de voir arriver en France, et c'est probablement tant mieux !
Tourné avec des moyens minimalistes (des acteurs non-professionnels, des répliques improvisées, des décors réels), Bubble excelle dans l'évocation d'un aspect de la vie américaine qui n'occupe que très rarement le devant de la scène cinématographique. La banalité de la vie quotidienne y est saisie avec une acuité remarquable, jusqu'aux échanges verbaux d'une superficialité étonnante. Soderbergh observe l'existence figée de ses personnages sans moquerie et sans complaisance. L'état végétatif et bienveillant dans lequel se trouvent ses personnages ne donne pas lieu à des polémiques ou des prises de position critiques. C'est juste la médiocrité de la vie provinciale qui se déroule doucement devant nos yeux.
Dans l'intérêt de la structure dramatique, ce statu quo immobile ne peut malheureusement pas perdurer. L'introduction d'un aspect policier dans l'intrigue, qui est censé révéler la monstruosité qui se cache en dessous de la normalité, bouscule alors la quiétude si pittoresque d'avant. Mais la question se pose si l'impact de cet aperçu de la vie quotidienne américaine n'aurait pas été plus grand, si c'était la solitude, l'existence répétitive et morne ou justement l'absence d'événements qui avaient causé le désarroi du personnage principal ?

Vu le 6 octobre 2006, au MK2 Beaubourg, Salle 3, en VO

Note de Tootpadu: