Zoulou

Réalisé par Cy Endfield (1964)

Guerre
Zoulou
Durée 129 minutes
Sortie 01/10/1964
Note 6/10

En janvier 1879, une colonne britannique est massacrée par la tribu des Zoulous. A la mission de Rorke's Drift, une petite unité galloise d'une centaine de soldats, sous le commandement d'un officier du Génie venu construire un pont et un jeune aristocrate, tente courageusement de résister à l'assaut de quelques milliers de guerriers zoulous.

La critique

Par Tootpadu 30/09/2005

La représentation des indigènes dans les films coloniaux commençait à dévenir sérieusement plus respectueuse à partir des années 1960. Auparavant, les Africains et, sur une scène d'occupation décalée, les Indiens d'Amérique étaient dépeints comme des sauvages, des idiots enfantins à la merci du messager tout puissant de la civilisation. Comme preuve de ce changement de prise en compte, il suffit de constater à quel point les rites tribaux et la stratégie d'attaque des Zoulous sont traités avec respect dans cette épopée britannique. Au début, une longue séquence est ainsi consacrée à une cérémonie de mariage collective, une pratique qui est, certes, interrogée par les personnages européens présents, mais qui est également mise en perspective avec des arrangements guère plus respectables sur le vieux contient. Par la suite, si la force Zoulou est invariablement montrée comme un bloc de personnages, comme des sacrifices dociles aux tirs nourris de l'armée britannique, elle a aussi le privilège d'une culture de guerre, de stratgèmes et d'analyses soi-disant "primitifs" qui ne manquent point d'intelligence. Et comment comprendre le constat prématuré et le dégoût des officiers britanniques devant le massacre, ainsi que l'hommage rendu par les Zoulous, sinon en tant qu'acceptation d'une égalité entre les deux fractions opposantes ? L'absence même d'un discours colonial, de louanges de l'occupant et des tentatives de conversion religieuse, est une preuve supplémentaire pour l'état d'esprit plutôt équilibré de cet hymne au courage gallois.
D'une très grande solidité, ce projet porté à bras le corps par Stanley Baker, la vedette galloise, n'innove cependant pas le genre. Les attaques successives sont tournées avec une efficacité appréciable, et la bande originale peut être réduite à un thème majestueux et militaire de John Barry. L'interprétation est également exemplaire, à commencer par un jeune Michael Caine qui y trouve son premier rôle important grâce à une distribution à l'opposé de ses origines. Il manque parfois un réel souffle épique à ce siège de deux jours, un léger défaut qui est encore accentué par le nombre un peu trop élevé d'épisodes et de personnages annexes (notamment le chanteur et l'amateur de bêtes).

Vu le 29 septembre 2005, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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