Equipage (L')

Réalisé par Anatole Litvak (1935)

Guerre
Equipage (L')
Durée 103 minutes
Sortie 22/10/1935
Note 6/10

Pendant la Première Guerre mondiale, le jeune Jean Herbillon rejoint la 37ème escadrille d'observation aérienne. Le départ vers le front lui est rendu difficile par la rencontre, la veille, avec Denise, une femme belle et élégante qu'il aime déjà passionnément. Au cours des missions, il se lie d'amitié avec le lieutenant Maury, un homme sérieux plutôt mal accepté au sein de la troupe festive. Herbillon et Maury vont former alors un équipage soudé et décoré. Mais quel est le désarroi du jeune aviateur, lorsqu'il découvre au moment de sa première permission, que sa Denise bien-aimée n'est autre qu'Hélène, l'épouse de son frère d'armes Maury.

La critique

Par Tootpadu 29/11/2007

Rien que du très classique dans ce drame romantique sur fond d'exploits héroïques pendant la Première Guerre mondiale. Sans être une Grande illusion, le film établit un lien plutôt solide entre l'horreur de la guerre et la seule bastion contre les peurs qu'elle inspire : la camaraderie et l'attachement à un code d'honneur suprême. L'enjeu principal de l'histoire est certes l'embarras moral du jeune héros qui ne peut pas résister à la tentation romantique, et qui ne veut pas rompre avec les traditions de son corps d'armes. Mais la façon dont Herbillon tente à plusieurs reprises d'expliquer à Denise son attachement inconditionnel à l'équipage relève de l'hystérie guerrière aveugle, et presque amusante par son exagération.
Plus encore que les prouesses aériennes plutôt suggérées que montrées et l'intrigue sentimentale tortueuse, c'est la création d'un état d'esprit qui séduit dans ce film typique des années 1930. Les réunions joyeuses de l'escadrille, entrecoupées par des missions périlleuses, et l'acte d'équilibriste constant de chaque personnage entre le maintien du code d'honneur de l'armée et la survie individuelle relèvent d'une conception sociale idéalisée et nostalgique. Cette promotion des sentiments nobles même face à l'adversité de la guerre persiste jusqu'à la fin, lorsque l'honneur ou le pardon de tous les participants est sauf.
Jean-Pierre Aumont au début de sa carrière était en quelque sorte le jeune premier parfait. Indéniablement séduisant et en même temps un peu vain dans son agitation d'amoureux tiraillé par le remords, il est épaulé vaillamment par un Charles Vanel tout à fait serein. Naturellement, dans un monde filmique où les hommes sont appelés à jouer aux héros, les femmes occupent au mieux des rôles de faire-valoir, comme ici la ravissante Annabella.

Vu le 28 novembre 2007, à la Cinémathèque Française, Salle Jean Epstein

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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