Deauville 2026 : Les Planches et son patrimoine cinématographique
Deauville 2026 : Les Planches, là où l'histoire du cinéma rencontre la côte normande
Vendredi 4 Septembre, 18h00 La Normandie, Deauville, Les Planches et le front de mer 04/09/2026 → 13/09/2026
Alors que la 52e édition du Festival du film américain de Deauville vient de s’achever, « Les Planches » offre un lien durable avec le cinéma célébré dans les salles de projection de la ville. L’édition 2026 s’est déroulée du 4 au 13 septembre, et le site officiel répertoriait 80 films répartis en neuf catégories. Le long du front de mer, les noms peints sur les barrières des cabines de plage inscrivent ce rendez-vous annuel dans une histoire bien plus longue, celle des loisirs balnéaires, de l’architecture et de la culture cinématographique. Site officiel du festival.
Les photographies fournies pour ce dossier ramènent l’histoire à l’échelle d’un seul nom et d’une seule cabine. Elles montrent des hommages à Pamela Anderson, Forest Whitaker, Ridley Scott, Spike Lee et Ed Harris, encadrés par des barrières géométriques claires, des colonnes et des portes bleues. Ces images témoignent du paysage cinématographique actuel de la promenade ; elles ne préfigurent pas, en elles-mêmes, les inaugurations ou les nouvelles dédicaces prévues lors du festival de 2026.

D'une station balnéaire à la mode à un monument emblématique de l'Art déco
Bien avant d’être associé au cinéma américain, le front de mer avait déjà été réaménagé pour répondre aux besoins d’une station balnéaire à la mode. En 1921, la municipalité a lancé un concours visant à remplacer les installations de baignade vieillissantes conçues par Georges Wybo en 1912. Charles Adda remporta le concours en septembre 1922. Ses « bains de Pompéi » regroupaient 250 cabines, des cours intérieures, des galeries à portiques, des boutiques, des bains de vapeur et un café-bar. Le complexe ouvrit ses portes le 5 juillet 1924 et fut agrandi en 1928. Fiche du patrimoine du ministère français de la Culture.
Le nom « Bains de Pompéi » évoque l'inspiration classique qui a présidé à la conception de cette architecture balnéaire. Les cours et les colonnades conféraient à la baignade un cadre ordonné, presque cérémoniel, tandis que le béton blanc et les mosaïques colorées reflétaient la modernité de l'époque. Les inscriptions des célébrités s’inscrivent dans un cadre architectural imaginé plusieurs décennies avant même la création du festival.
La promenade en bois répondait également à un besoin pratique : elle permettait aux visiteurs élégamment vêtus de profiter du bord de mer sans traîner leurs longues robes dans le sable. Cette surface conçue pour marcher confortablement est devenue un lieu associé aux acteurs, aux cinéastes et aux souvenirs de cinéma. Aperçu historique des Planches.

Une promenade façonnée par la guerre et un engagement renouvelé en faveur de la protection du patrimoine
L'histoire de la promenade comporte une rupture, moins connue, liée à la guerre. Le ministère de la Culture indique que les bains ont été réquisitionnés pendant la Seconde Guerre mondiale et que les planches de la promenade ont été retirées pour consolider des tranchées. La reconstruction s'est poursuivie progressivement jusqu'en 1960. Ce récit offre une perspective différente sur ce front de mer en apparence continu : ce que voient les visiteurs reflète également des décennies de réparations et de reconstruction. Ministère de la Culture.
Ce même document actualise l’historique des mesures de protection au-delà de l’inscription de juin 2019 mentionnée dans des comptes rendus antérieurs. Le bloc A a été classé le 15 janvier 2025 ; les blocs B et C ont suivi le 2 juillet 2025. Ces décisions ultérieures concernent des parties spécifiques du complexe balnéaire. Elles ne doivent pas être présentées comme un reclassement général de l’ensemble de la promenade.

« Un homme et une femme » et l'image cinématographique intemporelle de Deauville
Pour les cinéphiles, l’année 2026 marquera également le 60e anniversaire de la sortie, en 1966, de Un homme et une femme. Réalisé par Claude Lelouch, ce film réunissait Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant dans une histoire d’amour indissociable de Deauville. La plage, l’hôtel Normandy et l’imagerie du pilote de course ont contribué à faire de cette station balnéaire un paysage chargé d’émotion. Cette association est antérieure au Festival du film américain, qui a vu le jour en 1975, et confère à l’identité cinématographique de la ville un ancrage typiquement français.
La reconnaissance internationale de ce film est attestée par l’Académie : lors de la cérémonie des Oscars de 1967, il a remporté l’Oscar du meilleur film en langue étrangère ainsi que celui du meilleur scénario original, attribué à Claude Lelouch et Pierre Uytterhoeven. L’utilisation de l’ancienne appellation de la catégorie permet de préserver la distinction entre le prix tel qu’il était décerné à l’époque et la terminologie actuelle de « film international ». Archives des Oscars.
Cette relation s'est poursuivie avec Un homme et une femme : 20 ans plus tard en 1986 et Les Meilleures Années d'une vie en 2019, tous deux réalisés par Claude Lelouch. À travers ces films, Deauville devient un lieu où les personnages et les spectateurs peuvent revenir au fil du temps.

Des noms célèbres sur les cabines et une nouvelle génération de festivaliers
La pratique consistant à inscrire les noms de personnalités du cinéma sur les cloisons des cabines est née d’une idée d’Anne d’Ornano en 1987. Les inscriptions figurent sur les « lices », ces cloisons qui séparent les cabines, un détail particulièrement visible sur les photographies. Leur emplacement intègre ces hommages au tissu quotidien de la promenade : le visiteur découvre un nom au rythme de sa marche, avec la plage juste derrière.
Les photographies proposent une autre façon d’appréhender le lieu. Spike Lee, Forest Whitaker, Pamela Anderson, Ridley Scott et Ed Harris apparaissent tous dans le même cadre architectural récurrent, malgré leurs parcours professionnels très différents. L’effet visuel qui en résulte est celui d’une mémoire cinématographique commune, constituée à partir de noms individuels.
Par ailleurs, l’édition 2026 du festival a ajouté un nouveau chapitre à la célébration des talents du cinéma par la ville. Le 11 septembre, Patrick Schwarzenegger a reçu le prix « Deauville Rising-Star » au Centre International de Deauville. Le compte-rendu officiel du festival précise que la cérémonie s’est déroulée à 19 h 30, avant la projection en avant-première de Bunker, réalisé par Florian Zeller, qui était présent. Cet événement documenté fait le lien entre le cadre historique et l’intérêt du festival pour une nouvelle génération, sans pour autant suggérer une dédicace à la cabane que le compte-rendu n’établit pas. Compte rendu officiel du festival.
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Photos : Boris Colletier / Mulderville