Fin de saison
Réalisé par Robert Siodmak (1934)
| Durée | 87 minutes |
| Sortie | 26/01/1934 |
| Note | 5/10 |
C'est la fin de saison dans un hôtel des Alpes suisses. Le jeune Edgar y réside avec sa mère, mais sans son père, qui a dû rester à Zurich pour régler les affaires courantes. La veille du treizième anniversaire d'Edgar, le célèbre coureur automobile von Haller s'installe à l'hôtel. Autant un client fidèle de l'établissement qu'un séducteur invétéré, von Haller ne tarde pas à s'intéresser à la mère d'Edgar. Puisqu'elle l'ignore poliment, il fait semblant de devenir l'ami de son fils, encore dupe de ses tours de magie et impressionné par son bolide.
La critique
Par Tootpadu 23/05/2010
Le scénario insiste outre mesure sur cette lente descente aux enfers de la corruption morale. Tandis qu'Edgar et sa mère tentent encore de préserver au début une apparence respectivement enfantine et respectable, les masques ne tardent pas à tomber pour propulser les deux victimes de la séduction mielleuse de von Haller soit dans l'âge ingrat de l'adolescence, soit dans les affres sentimentales d'une affaire extra-conjugale. C'est surtout le chemin cahoteux et péniblement prévisible que le scénario emprunte pour aboutir à une conclusion étonnamment intense qui déçoit, plus que le maintien à tout prix de l'ordre moral, qui punit les femmes sensibles aux avances des séducteurs mondains, car lasses de leur quotidien bourgeois ennuyeusement rangé. Même si l'on trouve un petit peu de la fureur, qui aurait dû caractériser la romance, dans l'éveil involontaire d'Edgar aux dures vérités de la vie adulte, l'intrigue n'est pas orchestrée avec assez d'adresse pour en tirer un profit substantiel.
La mise en scène de Robert Siodmak se montre pour une fois assez peu inspirée ici, probablement trop tributaire d'une histoire qui traîne des pieds. Au lieu de pouvoir savourer les fameuses cinq minutes de cinéma pur, nous devrons donc nous contenter de quelques plans poétiques, comme celui à la fin du film de la mère, qui ferme les rideaux sur le silence de son fils et sur son seul et peut-être dernier écart à la bonne conduite, ou de courtes séquences un peu folles, tel le rêve du gamin en état d'ébriété, qui perturbent trop épisodiquement le flux narratif autrement sans éclat de ce conte moral vieillot.
Vu le 22 mai 2010, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO