Fin de saison

Réalisé par Robert Siodmak (1934)

Drame d'enfance
Fin de saison
Durée 87 minutes
Sortie 26/01/1934
Note 5/10

C'est la fin de saison dans un hôtel des Alpes suisses. Le jeune Edgar y réside avec sa mère, mais sans son père, qui a dû rester à Zurich pour régler les affaires courantes. La veille du treizième anniversaire d'Edgar, le célèbre coureur automobile von Haller s'installe à l'hôtel. Autant un client fidèle de l'établissement qu'un séducteur invétéré, von Haller ne tarde pas à s'intéresser à la mère d'Edgar. Puisqu'elle l'ignore poliment, il fait semblant de devenir l'ami de son fils, encore dupe de ses tours de magie et impressionné par son bolide.

La critique

Par Tootpadu 23/05/2010

Le ton lourdement moralisateur, que cette adaptation allemande du roman "Brûlant secret" de Stefan Zweig adopte, la vieillit au moins autant que le jeu appuyé des comédiens. Le dernier film que le réalisateur Robert Siodmak a pu tourner dans son pays d'origine, avant de s'exiler d'abord en France et puis aux Etats-Unis, est en effet un témoin guère exceptionnel d'une époque révolue depuis longtemps, où la naïveté des personnages suffisait pour alimenter l'essentiel d'une intrigue fade et où les interprétations perpétuaient parfois encore les grands gestes du cinéma muet, voire les substituaient par des déclamations au ton artificiel. Aussi peu fascinant ce mélodrame soit-il, il peut cependant être vu comme le choc plutôt mou, à la fois entre le naturel des plans des montagnes du début et les contraintes d'une vie sociale hautement codifiée, et entre l'innocence trahie du garçon et la fourberie des amoureux illégitimes.
Le scénario insiste outre mesure sur cette lente descente aux enfers de la corruption morale. Tandis qu'Edgar et sa mère tentent encore de préserver au début une apparence respectivement enfantine et respectable, les masques ne tardent pas à tomber pour propulser les deux victimes de la séduction mielleuse de von Haller soit dans l'âge ingrat de l'adolescence, soit dans les affres sentimentales d'une affaire extra-conjugale. C'est surtout le chemin cahoteux et péniblement prévisible que le scénario emprunte pour aboutir à une conclusion étonnamment intense qui déçoit, plus que le maintien à tout prix de l'ordre moral, qui punit les femmes sensibles aux avances des séducteurs mondains, car lasses de leur quotidien bourgeois ennuyeusement rangé. Même si l'on trouve un petit peu de la fureur, qui aurait dû caractériser la romance, dans l'éveil involontaire d'Edgar aux dures vérités de la vie adulte, l'intrigue n'est pas orchestrée avec assez d'adresse pour en tirer un profit substantiel.
La mise en scène de Robert Siodmak se montre pour une fois assez peu inspirée ici, probablement trop tributaire d'une histoire qui traîne des pieds. Au lieu de pouvoir savourer les fameuses cinq minutes de cinéma pur, nous devrons donc nous contenter de quelques plans poétiques, comme celui à la fin du film de la mère, qui ferme les rideaux sur le silence de son fils et sur son seul et peut-être dernier écart à la bonne conduite, ou de courtes séquences un peu folles, tel le rêve du gamin en état d'ébriété, qui perturbent trop épisodiquement le flux narratif autrement sans éclat de ce conte moral vieillot.

Vu le 22 mai 2010, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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