Tatouage

Réalisé par Yasuzo Masumura (2004)

Interdit aux moins de 12 ans, Drame
Tatouage
Durée 85 minutes
Sortie 22/12/2004
Note 6/10

Otsuya, fille de bonne famille, fait une fugue avec Shinsuke, le serviteur de son père, avec lequel elle souhaite se marier. Les deux amoureux se réfugient chez Gonji, un associé du père d'Otsuya. Les semaines passent, sans que Gonji ne fasse avancer cette affaire de famille délicate. Au contraire, il s'est arrangé avec Tokubei, propriétaire d'une maison de geishas, pour vendre Otsuya et il ordonne d'assassiner Shinsuke.

La critique

Par Tootpadu 03/02/2005

Sous réserve d'une fâcheuse erreur d'assemblage des bobines, qui a vu défiler la troisième avant la deuxième bobine, ce drame d'époque japonais est une tragédie au ton solennel et au style majestueux. Visiblement tourné dans son intégralité en studio, il fait de cet aspect artificiel sa force. La photo splendide place alors les personnages dans leurs cages respectives, que ce soient les pièces étroites de l'intérieur, ou les plans extérieurs régulièrement perturbés par des éléments qui bouchent notre vue (la neige, l'herbe, la forêt). Car le thème majeur du film est la captivité, à la fois physique et mentale. Ainsi, les personnages ne sont pas uniquement dépendants des contraintes sociales, mais ils se retrouvent aussi en tant que prisonniers, voire comme des proies, dans le filet de l'araignée, tatouée sur le dos d'Otsuya. L'approche est sublimée encore par son transfert dans le domaine artistique, avec ce tatoueur qui délaisse son métier après son chef-d'oeuvre, l'insecte qui pousse la femme à la bestialité. D'ailleurs, la répartition des emplois entre les sexes, avec la femme en tant que mangeuse d'hommes, et ceux-ci comme pauvres victimes, correspond plus à l'état d'esprit des années 1960, qu'à la pensée davantage préoccupée par le politiquement correct de nos jours.
Somptueuse et sublime, cette histoire digne d'une tragédie grecque est un festin pour les yeux. Et sa beauté plastique devient encore plus agréable, parce qu'elle ne risque à aucun moment d'écraser les enjeux de son récit.

Vu le 3 février 2005, au MK2 Hautefeuille, Salle 1, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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