Allez coucher ailleurs
Réalisé par Howard Hawks (1949)
| Durée | 105 minutes |
| Sortie | 21/12/1949 |
| Note | 5/10 |
Dans l'Allemagne occupée de l'après-guerre, l'officier français Henri Rochard est chargé d'affaiblir le marché noir. Dans ses missions, il est assisté par le lieutenant américain Catherine Gates. Alors que les deux ne peuvent pas se supporter, ils adorent s'affronter verbalement. Au cours de sa dernière mission pour l'armée, Henri se rend compte à quel point il tient à Catherine et la demande en mariage. Mais pas assez avec les démarches administratives interminables, puisque Henri ne pourra suivre sa bien-aimée aux Etats-Unis qu'en profitant d'une faille légale qui l'oblige à se faire passer pour ... son épouse.
La critique
Par Tootpadu 08/01/2005
Malgré son air un peu vieillot, le film excelle de temps en temps dans un humour ironique et intelligent qui prend son point de départ dans le personnage de Cary Grant, en somme bien plus un gentleman réservé et maladroit à l'anglaise qu'un grand charmeur français. Mais peu importe ce choix de casting peu crédible, Grant donne à ce pauvre Henri un charme et une lucidité désabusée à tout épreuve. Peut-être en fait-il justement un peu trop à force de se laisser docilement malmener par sa future femme et l'administration ... La dépossession de ses attributs masculins commence ainsi en quelque sorte dès le début, lorsqu'il dépose les sous-vêtements de Catherine dans son bureau.
Très consistant dans son lent démolissement de la virilité, le film rate malheureusement autant d'occasions qu'il n'en réussit. Pour chaque grand sourire ou éclat de rire qu'il nous inspire, il y a un moment ou une réplique qui ne va pas jusqu'au bout de son raisonnement, qui aurait pu culminer de façon bien plus amusante. Cette mollesse se retrouve de même dans la réalisation très sobre et retenue, qui ne donne jamais à l'ensemble un rythme suffisamment entraînant pour en faire un divertissement accompli. La faute principale pour ce manque de vitesse revient sans aucun doute à la structure très déséquilibrée de l'ensemble, qui laisse trop de temps aux premiers ébats pour ensuite coincer le véritable enjeu de l'histoire dans ce qui paraît presque comme un deuxième début ou un épilogue prolongé. Ainsi, le récit de la mission qui révélera le grand amour prendra plus d'une heure, alors que le mariage et le parcours de combattant pour suivre l'épouse en Amérique devront se contenter d'une maigre demie-heure. Le spectateur se trouve alors dans un état d'attente continuelle, juste pour être passablement déçu par le traitement trop rapide des situations au potentiel comique le plus élevé.
Revu le 7 janvier 2005, au Mac Mahon, en VO