Fautes d'orthographe (Les)
Réalisé par Jean-Jacques Zilbermann (2004)
| Durée | 92 minutes |
| Sortie | 03/11/2004 |
| Note | 6/10 |
Le jeune Daniel Massu est collé de naissance, à cause de ses parents, un couple qui dirige un collège avec internat vers la fin des années 1960. Contraint de partager pour la première fois le dortoir avec ses camarades de classe et complexé par une puberté qui a pris du retard, Daniel se lie d'amitié avec Richard Zygelman, un nouvel élève d'origine juive. Cette relation lui permettra d'ouvrir les yeux sur sa condition d'enfant gâté de sa mère et bouc émissaire de toute l'école, jusqu'à la création d'un système parallèle de marché noir.
La critique
Par Tootpadu 08/11/2004
Inhabituellement opaque pour ce genre de personnage et presque pitoyable, ce Daniel Massu arrive néanmoins à gagner notre sympathie, plus par admiration pour sa débrouillardise et les obstacles qu'il doit surmonter, que par son caractère rayonnant. En effet, la collective qu'il montera au cours du film semble relever plus du moyen de vengeance subtil contre ses parents, que d'un effort altruiste et désintéressé. A la limite, l'équilibre incertain entre la légitimité de la révolte et les caprices d'un adolescent physiquement un peu en retard est le véritable sujet du film. Autant, le mouvement social des élèves nous galvanise par son mélange complexe de considérations sociales, économiques et personnelles, autant cette jeunesse d'esprit comporte une grande part d'irresponsabilité. Pour une séance de cinéma, le modèle que promeut le film est alors très divertissant et bien dans un esprit gentiment anarchiste, par contre, dans la vie réelle, il doit paraître forcément illusoire et naïf.
Le traitement que le réalisateur et scénariste applique aux années 1960 est certes pittoresque, avec ses vêtements et coiffures bien typés et les voitures anciennes que l'on a du mal à voir avancer dans la boue. Cependant - et notre avis est évidemment hypothétique puisque nous ne marchions pas encore sur cette terre à cette époque-là - il donne plus l'impression d'une reconstruction artificielle, que d'une authenticité radicale. En gros, la nostalgie l'emporte parfois sur la sincérité.
En somme, que ce soit par les nombreuses interprétations remarquables ou par le scénario assez bien ficelé, le film est un divertissement très agréable à voir, qui pourrait vous donner des idées doucement anarchistes tant que vous êtes blottis dans votre fauteuil, mais qui ne transformera point le monde, ni l'image que vous vous en faites.
Vu le 8 novembre 2004, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 22