Beauté cachée
Réalisé par David Frankel (2016)
| Durée | 94 minutes |
| Sortie | 21/12/2016 |
| Note | 7/10 |
Suite à une terrible tragédie, un publicitaire new-yorkais à la réussite exemplaire sombre dans la dépression. Ses collègues échafaudent alors un stratagème radical pour l'obliger à affronter sa souffrance de manière inattendue…
La critique
Par Mulder 20/12/2016
Le nouveau film du réalisateur David Frankel (Le diable s’habille en Prada (2006), Marley & moi (2009), Un incroyable talent (2015)) sur un scénario astucieux d’Alan Loeb (Le dilemme (2011), Rock Forever (2012), Prof poids lourd (2013)) revisite avec un talent indéniable le conte de Noel souvent trop fade. On découvre ainsi un brillant publicitaire new-yorkais qui suite à la mort de sa fille perd goût à la vie et se réfugie uniquement à la création de figures avec des dominos sur son lieu de travail après une longue période d’arrêt et refuse toute vie sociale se réfugiant dans la solitude la plus complète. Son désespoir l’a amené au rejet des trois concepts sur lesquels il a conçu sa vie professionnelle : l’amour, le temps et la mort. Ne supportant plus de le voir se morfondre son associé et deux de ses collègues ont l’idée de recruter trois personnes pour représenter ses trois concepts. Pourtant, les choses ne se passeront pas totalement comme prévu et certaines surprises risquent de jouer de mauvais tours à ces personnes.
L’action principale du film se déroule pendant les fêtes de Noel. Elle met en valeur des valeurs justes comme l’amitié, l’éducation de son enfant, la recherche d’un équilibre personnel de manière convaincante et évite ainsi le drame larmoyant jonglant constamment entre passages romantiques et les crises du personnage principal tiraillé entre son passé et son présent. De la même manière que les trois esprits de Noel, le personnage principal Howard Inlet (Will Smith) va ainsi rencontrer ces trois personnes qui vont tenter de le faire sortir de sa déprime profondément ancrée. On reconnait immédiatement la patte du réalisateur par sa manière de s’appuyer sur une photographie soignée (Maryse Alberti), un scénario propice à de nombreux rebondissements et surtout un casting parfait. Après nous avoir largement conquis avec Le diable s’habille en prada également une comédie dramatique reposant sur une étude d’une société et des liens entretenus entre une chef tyrannique (Meryl Streep) et son assistante (Anne Hathaway), David Frankel réussit de nouveau à rendre vivant et humain ses différents personnages sans ralentir le rythme de son film.
Alors que le cinéma hollywoodien a tendance actuellement à chercher constamment à plaire à tous les spectateurs et à leur proposer des histoires maintes fois comptées, Beauté cachée se targue de deux niveaux de lecture à savoir si le film est un conte fantastiques avec des personnages que personne ne voit hormis le personnage d’Howard Inlet ou s’agit-il réellement de comédiens interprétant parfaitement ses trois thématiques avec talent. Jouant constamment sur ses oppositions, le film trouve aisément notre totale approbation et réussit à nous proposer deux magnifiques scènes l’une entre les personnages d’Howard Inlet et Madeleine et une autre entre Whit Yardsham et Claire. La grande force du film est de pouvoir s’appuyer sur un brillant casting dans lequel on retrouve ainsi Will Smith (Howard Inlet), Kate Winslet (Claire), Keira Knightley (Amy), Helen Mirren (Brigitte), Edward Norton (Whit Yardsham), Naomie Harris (Madeleine), Michael Peña (Simon) et Jacob Latimore (Raffi). E n dehors de Will Smith qui confirme une nouvelle fois qu’il sait être un bon comédien en s’éloignant de ses nombreux rôles dans des blockbusters américains plus ou moins convaincants c’est sur le casting féminin notamment Keira Knightley (magnifique de pudeur) et Kate Winslet qui capture totalement notre attention.
Rares sont les films qui nous ont autant émeut cette année, Beauté cachée en fait partie. Loin de vouloir nous proposer un conte de noël sirupeux ou un drame larmoyant sur le deuil, le film trouve l’angle parfait pour nous raconter une histoire prenante, originale et passionnante. Rien que pour la présence de Keira Knightley dans l’un de ses meilleurs seconds rôles, on ne peut que vous encourager à découvrir notre coup de cœur de la semaine.
Vu le 19 décembre 2016, à la Salle Warner Bros