Pieta
Réalisé par Kim Ki-duk (2013)
Drame
| Durée | 103 minutes |
| Sortie | 10/04/2013 |
| Note | 4/10 |
Kang-do est un loup solitaire qui travaille, sans pitié et sans compassion, comme recouvreur de dettes. Quand ses menaces ne font pas payer les débiteurs, de modestes artisans dans un quartier destiné à être rasé, il les rend infirmes afin de collecter leur prime d’assurance d’invalidité. Un jour, une femme mystérieuse le suit. Elle prétend être sa mère indigne, qui avait dû l’abandonner après sa naissance.
La critique
Par Tootpadu 28/03/2013
On se suicide, on se masturbe et on se fait estropier dans le nouveau film du réalisateur coréen Kim Ki-duk, récompensé du Lion d’or au dernier festival de Venise. Et tout cela rien que pendant les cinq premières minutes ! Or, pour une fois, nous n’adhérons vraiment pas au style de ce cinéaste caméléon, qui note un peu trop fièrement dans le générique qu’il en est déjà à sa dix-huitième réalisation. D’un point de vue formel, il n’y a rien de majeur à reprocher à Pieta. Du côté du sujet et de son traitement, nous nous trouvons par contre face à une pornographie de la misère de la pire espèce.
La succession quasiment ininterrompue de l’action vile du protagoniste s’apparente ainsi à une descente aux enfers sans la moindre valeur de rédemption. Tous ses clients sont de pauvres créatures qui attendent peureusement l’arrivée de cet ange de la mort, qui ne vient pourtant pas pour les massacrer, mais pour les écloper par simple intérêt mercantile. Que ce soit lors de la première tournée besogneuse de torture ou au moment de la deuxième, plus désespérée parce que le bourreau se trouve désormais dans une position de faiblesse, Kim Ki-duk nous a rassemblé ici une galerie de figures animées d’un misérabilisme à peine soutenable. Au lieu de susciter notre indignation par ces effets de choc barbares, symptomatiques de la disette sociale dans un quartier moribond, la narration nous rend insensibles à eux. L’horreur que l’amputation ou les entrailles des bêtes peuvent nous inspirer, ne fonctionne en effet pas indéfiniment. Très tôt, au plus tard au moment où Kang-do veut s’assurer qu’il s’agit réellement de sa mère par la souffrance croissante qu’il lui inflige, nous avons atteint notre point de saturation en termes d’abominations d’une violence excessive.
Toutefois, notre plus grand souci avec ce film plus énervant que déroutant se situe du côté du cheminement psychologique du personnage principal. L’effort considérable investi dans sa présentation initiale en tant que monstre sans âme, ni scrupules, est trop vite supplanté par un premier revirement discutable – l’acceptation de la mère –, suivi d’une façon encore plus abracadabrante par le deuxième, qui se manifeste par des convulsions involontairement absurdes. Les tentatives de rachat des péchés, en accord avec le titre et l’iconographie expiatoire de l’affiche qui ne figure d’ailleurs pas dans le film, n’aboutissent alors à rien, ne serait-ce qu’à un sacrifice glauque et vain et à un dernier plan des montagnes dans la brume matinale, aussi incompréhensible que le film dans son ensemble.
La succession quasiment ininterrompue de l’action vile du protagoniste s’apparente ainsi à une descente aux enfers sans la moindre valeur de rédemption. Tous ses clients sont de pauvres créatures qui attendent peureusement l’arrivée de cet ange de la mort, qui ne vient pourtant pas pour les massacrer, mais pour les écloper par simple intérêt mercantile. Que ce soit lors de la première tournée besogneuse de torture ou au moment de la deuxième, plus désespérée parce que le bourreau se trouve désormais dans une position de faiblesse, Kim Ki-duk nous a rassemblé ici une galerie de figures animées d’un misérabilisme à peine soutenable. Au lieu de susciter notre indignation par ces effets de choc barbares, symptomatiques de la disette sociale dans un quartier moribond, la narration nous rend insensibles à eux. L’horreur que l’amputation ou les entrailles des bêtes peuvent nous inspirer, ne fonctionne en effet pas indéfiniment. Très tôt, au plus tard au moment où Kang-do veut s’assurer qu’il s’agit réellement de sa mère par la souffrance croissante qu’il lui inflige, nous avons atteint notre point de saturation en termes d’abominations d’une violence excessive.
Toutefois, notre plus grand souci avec ce film plus énervant que déroutant se situe du côté du cheminement psychologique du personnage principal. L’effort considérable investi dans sa présentation initiale en tant que monstre sans âme, ni scrupules, est trop vite supplanté par un premier revirement discutable – l’acceptation de la mère –, suivi d’une façon encore plus abracadabrante par le deuxième, qui se manifeste par des convulsions involontairement absurdes. Les tentatives de rachat des péchés, en accord avec le titre et l’iconographie expiatoire de l’affiche qui ne figure d’ailleurs pas dans le film, n’aboutissent alors à rien, ne serait-ce qu’à un sacrifice glauque et vain et à un dernier plan des montagnes dans la brume matinale, aussi incompréhensible que le film dans son ensemble.
Vu le 27 mars 2013, au Club Marbeuf, en VO
★★★★☆☆☆☆☆☆
4/10