Famille à louer (Une)
Réalisé par Jean-Pierre Améris (2015)
| Durée | 96 minutes |
| Sortie | 19/08/2015 |
| Note | 7/10 |
Paul-André, la quarantaine, est un homme timide et plutôt introverti. Riche mais seul, il s'ennuie profondément et finit par conclure que ce dont il a besoin, c'est d'une famille ! Violette, quadragénaire pleine de peps, est menacée d'expulsion et a peur de perdre la garde de ses deux enfants. Paul-André propose alors un contrat en tout bien tout honneur pour louer sa famille contre le rachat de ses dettes. Pour le meilleur et pour le pire…
La critique
Par Mulder 16/08/2015
Le nouveau film du réalisateur Jean-Pierre Améris (Les Emotifs anonymes (2010), L'Homme qui rit (2012), Marie Heurtin (2014)) traite d’un sujet d’actualité, celui de trouver sa moitié dans une société tournée vers elle-même et ne favorisant guère les rencontres. Impossible non plus de ne pas penser à Pretty Woman (1990) en découvrant ce film mettant en avant un couple improbable. D’un côté, Paul-André (Benoît Poelvoorde , parfait une fois de plus) un richissime homme d’affaires qui a fait fait fortune en revendant des logiciels qu’il avait créé, plutôt manquant de confiance en lui, introverti et se reposant souvent sur son majordome Léon. De l’autre une jeune femme d’un milieu prolétaire devant voler de la nourriture pour nourrir ses deux enfants, pleine de vie et gardant l’espoir en un avenir meilleur. La comédienne Virginie Elfira continue à nous étonner en cherchant des rôles intéressants et loin de se cantonner à des choix faciles de carrière. La rencontre des deux comédiens est bien entendu la force du film. Leurs nombreux échanges donnent réellement au film une certaine consistance malgré un scénario trop facile et malheureusement trop linéaire.
Le film Une famille à louer est très personnel pour le réalisateur et cela se ressent par son approche peut être trop ancrée dans le réalisme alors que l’on aurait aimé un peu plus de mordant et des scènes nettement plus ambitieuses. Certes Une famille à louer peut s’apparenter à une fable romantique mais il y manque un détachement salutaire par rapport à la vie quotidienne. L’approche parfois trop neutre de l’action fait que nous ne pouvons pas réellement s’attacher totalement à ce film. On aurait aimé un scénario moins prévisible surtout à la vue de la présence d’un tel casting. Comme dans l’un de ses précédents films, Les Emotifs anonymes (déjà avec Benoît Poelvoorde), on reconnaît dans le film la même touche de pessimisme.
Pourtant le film trouve réellement ses propres repères par une réalisation intéressante qui cherche à perdre le spectateur dans un univers propre à l’auteur. On remarque ainsi que pour accentuer le côté conte moderne du film, le réalisateur préfère limiter les lieux d’action et les rendre tels des tableaux animés. Cette approche donne au film un certain charme rétrograde et intéressant. Fin cinéphile, le réalisateur s’est également inspiré de nombreux films américains tels Batman (1989) pour créer un majordome très british et pour certains de ses personnes d’autres films tels Erin Brokovitch (2000) et Les oiseaux (1963) (on vous laissera le soin de découvrir de quels personnages il s’agit).
Face à ces nombreuses comédies inconsistantes qui profitent de cette période estivale pour tenter leur chance dans nos salles de cinéma, Une famille à louer mérite réellement un détour ne serait-ce que pour retrouver le comédien Benoît Poelvoorde en pleine forme et campant un personnage profondément humain et attachant.
Vu 12 août 2015 au Club Lincoln, en VO