Et Beaucoup plus si affinités
Réalisé par Michael Dowse (2014)
| Durée | 98 minutes |
| Sortie | 29/10/2014 |
| Note | 6/10 |
Même si la rupture avec sa copine remonte à plus d’un an, Wallace a toujours le cœur brisé. Il ne pense plus tomber amoureux, jusqu’à ce qu’il rencontre lors d’une fête Chantry, la cousine de son meilleur ami Allan. Le courant passe immédiatement entre eux et ils ne tarissent pas de sujets de conversation pendant toute la soirée. La mauvaise nouvelle tombe, une fois que Wallace a ramené Chantry jusqu’en bas de chez elle : elle est en couple depuis longtemps. Plutôt que de lui déclarer sa flamme, il accepte alors son amitié. Un choix qui lui pèsera de plus en plus, au fur et à mesure que sa complicité avec Chantry grandit.
Les critiques
Par Mulder 28/10/2014
A la question si il y a une vie après la saga Harry Potter en ce qui concerne le jeune comédien Daniel Radcliffe, la réponse semble être positive et assez enthousiaste. Loin du personnage figé d’Harry Potter qui voit le personnage d’Hermione Granger lui échapper, les rôles campés par ce comédien semblent aller dans le même sens. Après l’intéressant La Dame en noir (2012) marquant la résurrection de la défunte Hammer Film Productions marquée et le très réussi Horns d’Alexandre Aja sorti en salles au début du mois, Et (beaucoup) plus si affinités témoignent que le cinéma indépendant est la terre promise à ce jeune comédien qui a pu acquérir une réelle indépendance financière pour trouver des personnages sombres en quête de sa moitié. Cette nouvelle comédie semble donc témoigner que Daniel Radcliffe recherche plus des films lui permettant de s’exprimer que d’exploiter de manière purement lucrative l’héritage d’Harry Potter et cela quitte à perdre une partie de son public pré pubère pour la majorité. Les choix très judicieux de carrière témoignent une nouvelle fois que ce comédien semble avoir une direction de carrière des plus intéressantes.
Le nouveau film de Michael Dowse (Une soirée d'enfer (2011), Fight Games (2012)) réalisateur de vidéoclips reposant sur un scénario d’Elan Mastai ((Alone in the Dark (2005), The Samaritan (2012)) semble montrer une volonté de revenir à l’ambiance des comédies romantiques des années 80 propices à d’excellents dialogues et à des films intéressants et parfaitement campés. La thématique de la rencontre de deux jeunes personnes (Wallace et Chantry campés par Daniel Radcliffe et Zoe Kazan) est une nouvelle fois le point d’ancrage de ce film produit par trois compagnies de production indépendantes No Trace Camping, Caramel Films et Fastnet Films. Le traitement apporté à cette manière d’aborder une comédie romantique révèle une véritable vue d’un scénariste et d’un réalisateur cherchant volontairement à sortir de ces comédies romantiques sortant de manière automatisée chaque année. Certes nous connaissons dès les premières scènes que l’amitié fille/garçon est un leurre voir est tout simplement impossible. Reste que le film retient toute notre attention par son regard intelligent et sensible sur notre société actuelle. Ce n’est donc pas un hasard si certains films apparaissent à certains passages comme Princess Bride (1987).
Le personnage campé par Daniel Radcliffe nous renvoie autant à ceux campés par Hugh Grant qu’au personnage du film culte Quand Harry rencontre Sally (1989). Celui-ci s’éprend d’une jeune femme en couple et sort lui-même d’une rupture difficile. Certes ce postulat simpliste ne fera pas de Et (beaucoup) plus si affinités un film culte et générationnel mais tient suffisamment le cap pour nous faire passer un agréable moment. La tonalité assez pessimiste du film sied parfaitement à l’ambiance très réaliste qui unit les différents personnages. Certes nous sommes loin de l’excellent (500) jours ensemble dont le titre avec les parenthèses semble être un clin d’œil volontaire mais ce film remplit aisément sa mission de nous divertir intelligemment
Vu le 21 octobre 2014 à l’Auditorium M6, en VO
Par Tootpadu 22/10/2014
C’est la pénurie de véritables enjeux qui nous ennuie le plus dans les comédies romantiques. Les amoureux transis y doivent certes traverser toute une litanie de doutes et de chagrins. Mais en fin de compte, les flèches de Cupidon atteignent leur but avec une régularité qui borde à la fadeur. En somme, la seule et unique raison d’être de ces histoires à l’eau de rose consiste à rassurer les cyniques dubitatifs sur la victoire in extremis de l’amour, peu importe les obstacles réels ou imaginaires. Ce film canadien se conforme à cette recette éculée sans la moindre inventivité, ni originalité narratives. Il paraît au contraire s’efforcer de cultiver une drôle de monotonie, qui énumère les passages obligés du genre sans jamais dévier du chemin dramatique tracé d’avance.
En effet, dès leur première rencontre, il est clair que Wallace et Chantry sont faits l’un pour l’autre. Tout ce qui les sépare encore ressemble dangereusement à une série de prétextes pour faire durer le faux suspense sentimental : un copain gentille, mais terne est vite fait expédié par la fenêtre ; les remords de Wallace de paraître comme un pervers sont désamorcés à coups de raisonnements bavards ; ne reste alors plus que l’éloignement géographique, qui prend des traits de plus en plus absurdes, avant que tout le monde ne se retrouve autour de la célébration convenue de l’union pour la vie. Cet amas de poncifs serait plus facile à supporter, si la mise en scène de Mike Dowse faisait ne serait-ce que le plus infime effort pour lui insuffler un peu de fraîcheur ou de désinvolture comique. Il n’en est hélas rien, puisque le récit progresse sans le moindre accroc jusqu’à la conclusion courue d’avance dès la première minute du film.
Entre les amourettes insipides et celles qui pèchent par un excès de sucreries, nous préférons largement les dernières. Et (beaucoup) plus si affinités appartient malheureusement au premier groupe, puisqu’il ne réussit même pas à atteindre le niveau d’indigestion filmique que l’étrange sandwich Fool’s Gold – le fétiche de la relation au cœur de l’intrigue – devrait causer du côté gastronomique. Pratiquement rien n’y est fait pour ajouter du piquant à une affaire bien trop sage et réfléchie pour soulever le cœur des spectateurs, en dépit de l’engagement vaillant des comédiens principaux, cantonnés dans des rôles dépourvus de vigueur.
Vu le 22 octobre 2014, au Club 13, en VO