Expendables 3
Réalisé par Patrick Hughes (2014)
| Durée | 127 minutes |
| Sortie | 20/08/2014 |
| Note | 7/10 |
Barney et ce qui reste de sa troupe d’élite des Expendables libèrent le docteur La Mort, un ancien membre de l’équipe qui était en route pour une prison de haute sécurité. Ils en ont besoin pour compléter leurs rangs et ainsi mener à bien leur nouvelle mission : intercepter en Somalie un dangereux marchand d’armes. L’opération tourne pourtant au drame quand il s’avère que leur cible est en fait Stonebanks, un ancien ami de Barney qui a depuis changé de camp. Convaincu que ses vieux alliés ne feront pas le poids face à cet adversaire de taille, Barney cherche à réunir une nouvelle équipe, constituée exclusivement de jeunes têtes brûlées.
Les critiques
Par Tootpadu 17/09/2014
Avant que l’arrivée des jeux vidéos ne rende caduc pareil divertissement dans la vie réelle, les garçons aimaient bien jour au cow-boy et à l’indien, au bandit et au shérif. Ces affrontements étaient assez schématiques, empreints d’un manichéisme primaire et normalement de courte durée, puisque personne ne voulait endosser trop longtemps le rôle du méchant, condamné à une défaite programmée à l’avance. L’univers des Expendables ressemble beaucoup à ce souvenir d’enfance, comme une relique mentale que l’on a mise aux oubliettes depuis des lustres, mais qui se rappelle à nous avec insistance, par la faute des héros d’antan qui ne savent décidément pas raccrocher leur armure. C’est toujours un peu navrant de voir ces sexagénaires tourner en boucle dans le genre d’aventure qui faisait autrefois leur gloire, sans qu’ils ne se rendent compte que le monde a changé d’une façon irrémédiable depuis.
Le début de Expendables 3 reprend essentiellement là où l’épisode précédent nous avait laissés : dans des scènes d’action répétitives et mal fichues, qui jouissent d’un certain charme risible, si on compare leurs effets et leurs cascades antiques à ce qui se fait aujourd’hui dans le domaine. Rien de mal à cela, puisque cette nature fièrement désuète est ce qui fait la marque de fabrique de ce monde de vieillards incorrigibles. Sauf que le scénario, criblé de répliques à l’humour aussi lourd que la propagande de la Guerre froide, s’essouffle dès la deuxième rencontre explosive, pour mieux sombrer dans un passage de relais involontaire entre la vieille garde et des jeunes recrues, qui apprendront aux pépés comment faire leur métier en ce nouveau millénaire. Au lieu d’apporter un peu de fraîcheur à cet environnement qui bat sérieusement de l’aile, les nouveaux Expendables subissent le même traitement que leurs prédécesseurs, à savoir une introduction très sommaire, où leurs forces respectives sont exposées mais par la suite guère sollicitées, avant qu’ils ne s’effacent au profit de l’état d’esprit martial et archaïque de l’équipe.
Le seul à tirer tant soit peu son épingle du jeu est Antonio Banderas, dans le rôle d’un mercenaire qui parle énormément, mais qui sait être efficace quand il le faut. Son interprétation survoltée est la seule à faire face au stoïcisme blasé de Sylvester Stallone et surtout la seule à ne pas trop prendre au sérieux cette aventure aux muscles de plus en plus flasques. Ce n’est hélas pas suffisant pour faire basculer le récit dans le registre de la parodie, ni pour insuffler un peu de vigueur à la mise en scène routinière de Patrick Hughes. Sa présence de trublion illuminé nous fait cependant espérer que l’univers saura embrasser davantage son côté moins révérencieux lors des éventuels films suivants, pas sûrs d’être mis en chantier de si tôt vu le demi-échec commercial de ce trip nostalgique qui sent sérieusement la naphtaline.
Vu le 15 septembre 2014, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 16, en VO
Par Mulder 10/08/2014
Vu le 07 aout 2014 à l’UGC Normandie, salle 01, en VO