Sabotage

Réalisé par David Ayer (2014)

Thriller
Sabotage
Durée 109 minutes
Sortie 07/05/2014
Note 7/10

Pour cette force d’élite de la DEA, il s’agit officiellement de prendre d’assaut le repaire d’un important cartel mais en réalité, l’opération se révèle être un véritable braquage. Après s’être emparés de 10 millions de dollars en liquide, les agents complices pensent leur secret bien gardé… jusqu’à ce que quelqu’un se mette à les assassiner les uns après les autres, froidement, méthodiquement. Alors que les meurtres se multiplient, chaque membre de l’équipe devient un suspect. Chacun sait tuer, et chacun a un excellent mobile...

La critique

Par Mulder 10/05/2014

Dans le monde de la boxe professionnel de haut niveau, comme au cinéma, c’est rare qu’un sportif ayant accompli une très belle carrière et ayant fait une pause d’une dizaine d’année puisse revenir au même niveau professionnel. Souvent pour se remettre à niveau ceux-ci préfèrent participer à des tournois d’une moindre ampleur. La carrière du comédien Arnold Schwarzenegger fut arrêtée pendant huit années (2003-2011) pour lui permettre d’être le trente huitième gouverneur de l’Etat de Californie. Avant cette pause, notamment ses cinq titres de Monsieur Univers lui ouvrirent les portes des studios Hollywoodiens et lui permirent de s’imposer dans des films devenus des incontournables du cinéma actuel. En collaborant avec de grands réalisateurs comme James Cameron (Terminator 1&2 (1984/1991), True Lies (1994)), John Mc Tienan (Predator (1987), Last action hero (1993)), Paul Verhoeven (Total recall (1990)), Ivan Reitman (Jumeaux (1988), Un flic à la maternelle (1990), Junior (1994), Richard Fleischer, John Irvin, Peter Hyams et d’autres, il réussit à s’imposer comme l’un des hommes les plus influents du cinéma américain. Après une période d’inactivité dans le monde du cinéma, c’est en 2010 qu’il revient sur les grands écrans en apparaissant le temps d’une scène dans le très réussi Expendables : unité spéciale de Sylvester Stallone. Les films qui suivirent s’apparent dès lors plus à des productions indépendantes telles Le Dernier Rempart (2013), Evasion (2013) et Sabotage sorti cette semaine.

Pendant longtemps le jeu monolytique d’Arnold Schwarzenegger fit de lui non seulement la proie de caricature diverse mais également témoigna de sa palette de jeu assez limité. Son rôle de tueur impavide ou de héros intrépide et musclé collait parfaitement avec les rôles qui firent de lui un des comédiens les plus appréciés du cinéma musclé et bourré d’hormones. Ses derniers films témoignent pourtant d’une volonté de montrer que derrière sa gloire passée, son jeu de comédien s’est réellement enrichi. A ce titre, son personnage de John (Breacher) Wharton leader d'une unité d'élite, composée de James (Monster) Murray, son épouse Lizzy,  Joe Philips (Grinder), Julius Edmonds ( Sugar), Eddie Jordan (Neck), Tom Roberts (Pyro), Bryce McNeely (Tripod) et Jennings (Smoke) correspond parfaitement à sa volonté de camper de véritables personnages.

Le quatrième film de David Ayer après Bad Times (Harsh Times) (2005), Au bout de la nuit (2008), End of watch (2012) témoigne de la volonté du réalisateur de réinventer le cinéma d’action des années 80. Ainsi cette équipe d’élite qui va voir ses membres se faire éliminer un par un rappelle forcément le film Predator de John Mc Tienan dans lequel œuvrait déjà Arnold Schwarzenegger. Pourtant le réalisateur réussit de nouveau non seulement à créer un climat digne du film Seven avec ces meurtres les plus atroces les uns que les autres mais également à nous rappeler le film La corde raide de Richard Tuggle (1984) dans lequel un inspecteur aux mœurs troubles campé par Clint Eastwood enquêtait sur des meurtres brutaux. Caméra à l’épaule, le réalisateur impose sans aucun temps mort des scènes ultra-violentes dignes d’un film d’horreur mais aussi donne une réelle épaisseur et crédibilité à ses personnages hauts en couleur. Il réussit non sans mal à donner au comédien Arnold Schwarzenegger l’un de ses meilleurs rôles à ce jour. 

Le film scénarisé par Skip Woods (Opération Espadon (2001), Hitman (2007), X-Men Origins: Wolverine (2009) , L'Agence tous risques (2010) et A Good Day to Die Hard (2013) s’inspire librement du roman d’ Agatha Christie Dix Petits Nègres et permet ainsi au réalisateur d’imposer son regard sur d’excellentes scènes d’action. Le casting reflète ainsi la qualité du script et on retrouve ainsi les comédiens  Sam Worthington (Terminator Renaissance (2009), Avatar (2009), Killing Fields (2011)..), Terrence Howard (Ray (2004), Hustle et Flow (2005), Iron Man (2008)..), Josh Holloway (Mission impossible : Protocole Fantôme (2011)), Joe Manganiello (Magic Mike (2012)..), Max Martini (Pacific Rim (2013)….) et Troy Garity (Gangster Squad (2013..).

Loin du cinéma d’action ultra stylisé et sans réelle épaisseur, on est heureux de remarquer que certains réalisateurs n’hésitent pas à réinventer un genre en pleine crise et en manque totale d’inspiration. Ainsi après le très réussi Homefront de Gary Fleder (2013) avec Jason Statham, malgré une critique américaine ne l’ayant guère défendu et un mauvais démarrage, ce film mérite réellement une seconde chance. Certaines scènes ultra-violentes en font un film plutôt orienté pour un public adulte et habitué à un cinéma aussi intelligent que musclé.

La dernière scène du film se déroulant dans un bar nous rappelle une des scènes cultes du premier Terminator dans lequel Arnold Schwarzenegger imposa sa marque de fabrique, un justicier allant jusqu’au bout de sa mission et quel qu’en soit le prix. Le film donne ainsi à ce comédien une seconde chance de s’imposer de nouveau dans de grosses productions américaines telles le nouveau Conan et nouveau Terminator en cours  ou à l’étude de production…

Vu le 09 mai 2014 au Gaumont Champs-Elysées Marignan, Salle 01, en VO

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

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