Hold-up
Réalisé par Erik Skjoldbjaerg (2012)
Thriller
| Durée | 91 minutes |
| Sortie | 15/08/2012 |
| Note | 6/10 |
Au petit matin du 5 avril 2004, huit truands entament le braquage de la banque Nokas, dans la ville tranquille de Stavanger en Norvège. Ils pensent avoir tout prévu et ne s’attendent pas à ce que leur intervention musclée dure plus que dix minutes. Or, plein de petits détails amplement planifiés auparavant ne se déroulent pas comme anticipé et les malfaiteurs se trouvent encore sur les lieux du crime, quand la police locale, en sous-effectif à cause des vacances, arrive sur place.
La critique
Par Tootpadu 23/07/2012
Dans les films américains, dès qu’un point névralgique est attaqué par des terroristes ou d’autres criminels, la police débarque toujours en trombe, avec des sirènes qui hurlent à tout va, des équipes des forces spéciales armées jusqu’aux dents, et une procédure établie d’avance pour contenir le danger. Cette manifestation d’une intervention répressive forte, qui est censée rassurer le spectateur sur l’état de droit et de protection dans lequel il pense vivre, fait autant partie de la culture et du rêve américains que la fin heureuse ou la ronde éternelle des stéréotypes manichéens. En Norvège, cela ne se passe visiblement pas du tout comme ça, puisque le nouveau film du réalisateur Erik Skjoldbjaerg – le premier à sortir en France depuis Insomnia il y a quatorze ans – dresse le portrait sobre du plus important braquage de l’Histoire de son pays.
Alors que les commémorations du premier anniversaire du double attentat perpétré par Anders Breivik viennent d’avoir lieu, Hold-up est entièrement à même de nous faire comprendre pourquoi cet événement tragique a eu un impact si profond sur la conscience collective des Norvégiens. Après un montage parallèle assez approximatif qui est destiné à nous faire découvrir les différents protagonistes du crime, la deuxième partie du film revient minutieusement et presque de sang froid sur les étapes successives de ce braquage, qui a tourné à la fusillade en milieu urbain. L’aspect le plus curieux de cet affrontement à armes inégales, c’est l’impuissance à la fois des forces de l’ordre d’établir quelque chose d’aussi basique qu’un périmètre de sécurité, et des truands de s’imposer sans équivoque alors que leur force de frappe était clairement supérieure à celle des policiers locaux.
Il faudra en effet plus que la présence de quelques hommes cagoulés et des coups de feu sur la place centrale pour perturber la quiétude scandinave. Les bus continuent donc à circuler pratiquement en pleine fusillade et les passants ne se montrent guère inquiets par ces braqueurs très discrets et leurs adversaires excessivement polis. Qu’il arrive dans un contexte de si bonnes manières, voire d’amateurisme, que des gens meurent, cela fait toute la force d’un film qui était sorti dans son pays d’origine en 2010, c’est-à-dire pratiquement un an avant que la folie meurtrière rappelle douloureusement aux Norvégiens que le Mal trouvera toujours une faille à travers laquelle il pourra ridiculiser la torpeur pacifiste d’un peuple à l’idéalisme altruiste.
Peut-être pas assez maîtrisé d’un point de vue formel pour servir d’exemple à la narration efficace et réaliste d’un crime commis pratiquement en temps réel, le quatrième film de Erik Skjoldbjaerg remplit cependant son rôle d’avertissement, hélas pas compris à temps, à l’égard de la force subversive de la violence, qui aura toujours raison d’une gentillesse benêt.
Alors que les commémorations du premier anniversaire du double attentat perpétré par Anders Breivik viennent d’avoir lieu, Hold-up est entièrement à même de nous faire comprendre pourquoi cet événement tragique a eu un impact si profond sur la conscience collective des Norvégiens. Après un montage parallèle assez approximatif qui est destiné à nous faire découvrir les différents protagonistes du crime, la deuxième partie du film revient minutieusement et presque de sang froid sur les étapes successives de ce braquage, qui a tourné à la fusillade en milieu urbain. L’aspect le plus curieux de cet affrontement à armes inégales, c’est l’impuissance à la fois des forces de l’ordre d’établir quelque chose d’aussi basique qu’un périmètre de sécurité, et des truands de s’imposer sans équivoque alors que leur force de frappe était clairement supérieure à celle des policiers locaux.
Il faudra en effet plus que la présence de quelques hommes cagoulés et des coups de feu sur la place centrale pour perturber la quiétude scandinave. Les bus continuent donc à circuler pratiquement en pleine fusillade et les passants ne se montrent guère inquiets par ces braqueurs très discrets et leurs adversaires excessivement polis. Qu’il arrive dans un contexte de si bonnes manières, voire d’amateurisme, que des gens meurent, cela fait toute la force d’un film qui était sorti dans son pays d’origine en 2010, c’est-à-dire pratiquement un an avant que la folie meurtrière rappelle douloureusement aux Norvégiens que le Mal trouvera toujours une faille à travers laquelle il pourra ridiculiser la torpeur pacifiste d’un peuple à l’idéalisme altruiste.
Peut-être pas assez maîtrisé d’un point de vue formel pour servir d’exemple à la narration efficace et réaliste d’un crime commis pratiquement en temps réel, le quatrième film de Erik Skjoldbjaerg remplit cependant son rôle d’avertissement, hélas pas compris à temps, à l’égard de la force subversive de la violence, qui aura toujours raison d’une gentillesse benêt.
Vu le 23 juillet 2012, au Club de l'Etoile, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10