Captain America Le Soldat de l'hiver
Réalisé par Anthony Russo, Joe Russo (2014)
| Durée | 136 minutes |
| Sortie | 26/03/2014 |
| Note | 8/10 |
Après les événements cataclysmiques de New York de The Avengers, Steve Rogers aka Captain America vit tranquillement à Washington, D.C. et essaye de s'adapter au monde moderne. Mais quand un collègue du S.H.I.E.L.D. est attaqué, Steve se retrouve impliqué dans un réseau d'intrigues qui met le monde en danger. S'associant à Black Widow, Captain America lutte pour dénoncer une conspiration grandissante, tout en repoussant des tueurs professionnels envoyés pour le faire taire. Quand l'étendue du plan maléfique est révélée, Captain America et Black Widow sollicite l'aide d'un nouvel allié, le Faucon. Cependant, ils se retrouvent bientôt face à un inattendu et redoutable ennemi - le Soldat de l'Hiver.
Les critiques
Par Mulder 18/03/2014
Par Tootpadu 18/03/2014
Après ses premières aventures, qui étaient essentiellement un grand spectacle à la gloire de l’Amérique d’antan, Capitain America fait quasiment un volte-face avec les deuxièmes, qui collent de près à l’actualité. Non, on n’y parle pas de la crise en Crimée, bien sûr, ni de la résurgence des fantômes de la Guerre froide. D’un parce que le cinéma hollywoodien avec sa lourde machine logistique n’a jamais été si réactif et de deux, parce que les intérêts américains ne sont pas vraiment mis en danger par cette offensive russe. Néanmoins, il serait extrêmement difficile de passer à côté des références au scandale récent autour de la surveillance omniprésente par les services secrets américains, déclenché par les révélations d’Edward Snowden. Le dispositif répressif mis en place par les méchants du film apparaît comme une surenchère de la volonté de tout réguler et d’exterminer les adversaires potentiels avant même qu’ils n’agissent, cela va de soi. Hélas, nous sommes déjà partiellement dans ce beau monde futuriste de la privation des libertés fondamentales. Car à quoi cela sert-il d’enregistrer nos moindres faits et gestes, si ce n’est pour vérifier si nous sommes des éléments subversifs dont il faudrait se débarrasser le moment venu ?
Le remède dans l’univers Marvel à pareille paranoïa est un divertissement tonitruant, qui respecte toutes les règles des films de super-héros, sans en révolutionner aucune. C’est en effet toujours la même rengaine que nous ressortent les frères Russo, avec une fulgurance dans les scènes d’action qui s’appuie plus sur la vieille répartition manichéenne des rôles que sur une lecture plus nuancée des rapports de force. On ne dirait pas vraiment que c’est de l’ennui que nous inspirent les affrontements auxquels le héros pratiquement invincible est mêlé. Il y en a même de très bons, comme sa façon musclée de mettre l’équipage entier des pirates hors d’état de nuire en quelques minutes au début du film. Mais dans l’ensemble, on se sent plutôt comme le nouvel acolyte du protagoniste, qui le voit le dépasser à plusieurs reprises pendant leur footing matinal. Nous avons bien compris que Captain America est le meilleur et le plus fort. Cette suprématie intouchable commence toutefois à devenir lassante, puisque elle influe directement sur les enjeux dramatiques de l’intrigue, d’emblée très prévisible.
Le propos vaguement militant du récit en faveur d’une plus grande transparence, exprimée également par le biais d’un clin d’œil à l’activité de WikiLeaks, est donc véhiculé par un film d’action qui ne pourrait pas être plus convenu dans sa forme. Quelques maladresses du montage et une narration parfois trop elliptique mises à part, il n’y a rien à redire contre l’efficacité et la solidité de l’exécution formelle. Mais la question que nous nous posons déjà depuis un certain temps perdure, voire devient de plus en plus pressante : combien de temps encore, avant que cette recette des films de super-héros ne devienne complètement creuse ou que le public n’en ait marre de devoir se contenter d’une seule et unique formule de divertissement, tout à fait interchangeable peu importe quel héros de l’écurie Marvel mène le combat ?
Vu le 12 mars 2014, au Gaumont Marignan, Salle 3, en VO