Nuit des espions (La)
Réalisé par Robert Hossein (1959)
| Durée | 80 minutes |
| Sortie | 09/09/1959 |
| Note | 5/10 |
En 1941, les services secrets allemands organisent un rendez-vous dans un coin reculé de la Normandie. Une espionne doit y transmettre le microfilm contenant la disposition de la défense anti-aérienne anglaise à un officier allemand, qui doit lui fournir à son tour le plan des prochaines actions sur le sol anglais. Mais la mission est compromise, lorsque les services secrets britanniques détruisent la cellule allemande à Londres. Puisqu'ils ne sont pas sûrs d'intercepter à temps l'espionne allemande, ils ordonnent simultanément à la Résistance de supprimer l'officier allemand. Qui va alors se rencontrer dans la cabane normande ? Deux espions allemands, deux espions anglais ou bien un agent anglais et un agent allemand ?
Les critiques
Par Tootpadu 29/01/2007
L'histoire, lourde de méfiance, n'atteint pas les sommets de tension et de perfidie auxquels on pourrait s'attendre. Très vite, la variable sentimentale rentre en effet en jeu, au point de rendre tout le film un condensé d'amours trompés. Est-ce que tu m'aimes réellement, devient alors la question prépondérante, en lieu et place d'un jeu au chat et à la souris haletant. Le huis-clos étouffant ne sert plus qu'à épingler, comme sous un microscope, le déclin, lent et inexorable, de l'amour fougueux par lequel la nuit avait commencé. Certes, il reste constamment une incertitude sur la véritable identité des deux personnages, jusqu'au retournement ultime d'une logique douteuse. Mais le tournant fleur bleue, que le récit prend trop rapidement, rend ce dernier pesant et lourd de sentiments mélodramatiques.
Robert Hossein, réalisateur, est le plus efficace lorsqu'il s'agit de tirer profit de la photo soignée en noir & blanc ou de faire progresser à une vitesse convenable son histoire. Par contre, dès que la structure narrative se complique ou s'emballe, ses effets de style sont particulièrement maladroits et voyants. Cela commence par l'insistance avec laquelle il cache au spectateur l'identité des deux espionnes que l'on aperçoit lors du prologue. Et cela continue, de manière guère plus convaincante, avec l'évocation de l'acte sexuel par le biais d'un mouvement circulaire de la caméra qui donne le tournis.
Au moins, Marina Vlady, Mme Hossein à l'époque, est ravissante et l'interprétation de son mari est également plutôt satisfaisante.
Vu le 29 janvier 2007, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju
Par Mulder 30/09/2003