Gazelles (Les)
Réalisé par Mona Achache (2014)
| Durée | 99 minutes |
| Sortie | 26/03/2014 |
| Note | 5/10 |
Marie vit en couple avec Eric depuis quatorze ans. Même s’ils ne sont pas mariés, ils viennent de concrétiser leur relation à travers l’achat d’un appartement, financé par un crédit à long terme. Subitement, Marie doute de cette vie toute tracée et demande à faire un break. Cette décision impulsive risque de la mener à la catastrophe, puisque son nouvel amant, Martin, ne prend pas leur relation au sérieux et qu’il ne lui reste alors plus qu’à retourner vivre chez ses parents. Marie finit par remonter la pente grâce aux amies de sa collègue Sandra, toutes dans la même tranche d’âge qu’elle et toutes à la recherche d’un mec, pour une nuit ou pour la vie.
Les critiques
Par Tootpadu 18/03/2014
Les Français prétendent parfois être en avance sur les Américains dans la question cruciale de l’évolution des mœurs. Toutefois, le cinéma de notre cher pays ne reflète pas d’une façon infaillible ce décalage dans le progrès social. Dernier exemple en date, cette comédie passablement plaisante qui reprend un peu trop fidèlement la trame et surtout l’état d’esprit de D’une vie à l’autre de Richard LaGravenese, sorti il y a quinze ans. Comme Judith, le personnage interprété à l’époque par Holly Hunter, Marie est complètement désemparée par la rupture, jusqu’à ce qu’elle se ressaisisse et qu’elle devienne une femme forte et indépendante. Les expériences libertines qu’elle tente entre-temps ne changent pas grand-chose à la répartition des rôles au sein du couple, puisque le personnage principal des Gazelles recherche avant tout un substitut romantique pour la relation à bout de souffle à laquelle elle a donné le coup de grâce.
C’est un féminisme très doux que la réalisatrice Mona Achache pratique dans son deuxième film. Les femmes au cœur de l’intrigue ont beau se soutenir dans leurs épreuves respectives, une forme d’entraide qui passe notamment par l’échange d’anecdotes sur l’insuffisance sexuelle de leurs partenaires, elles se définissent principalement à travers leur rapport à la gente masculine, voire au degré d’acceptation par cette dernière. Sans les hommes et leur affection charnelle ou sentimentale, aucun salut ne paraît possible pour ces personnages féminins plus ou moins névrosés. Que la plus dépressive d’entre elles trouve finalement l’amour dans les bras d’une autre femme ne doit alors nullement être compris comme une prise de position militante, mais juste comme un énième prétexte pour faire la fête.
Face à ce fond inoffensif, qui représente presque un pas en arrière comparé à l’attitude insoumise de l’héroïne du film cité plus haut, la forme ne produit pas non plus des étincelles. Le collage mental d’images et de répliques en guise de retour en arrière mis à part, les dispositif narratifs restent aussi sages que le film dans son ensemble. A l’heure où le cinéma en général et son versant américain en particulier sont de plus en plus dominés par un point de vue masculin, il est donc dommage que cette manifestation de la voix des femmes ne sorte pas davantage des chemins battus de la comédie douce-amère, où le bonheur consiste en la quête effrénée d’une vie à deux, c’est-à-dire fortement dépendante de l’homme. Les hypothèses d’une philosophie plus indépendante y sont exprimées avec une telle timidité que, hélas, la femme doit une fois de plus être considérée comme sa pire ennemie.
Vu le 17 mars 2014, à la Salle UGC
Par Mulder 27/02/2014
Après avoir été présentée au Festival international du film de comédie de l'Alpe d'Huez, la réalisatrice Mona Achache nous fait découvrir son second film Les gazelles (Le Hérisson (2009)). Cinq années séparent donc ses deux films et la tonalité reste identique, soit un constat assez négatif de l’amour moderne. La réalisatrice retrouve ici l’actrice Josiane Bolasko et Anne Brochet qu’elle avait dirigé dans son premier film.
Son nouveau film s’adresse principalement à un public féminin trentenaire par son choix de dresser un portrait réaliste de notre société, des problèmes de couples, de femmes actuelles. Rien de très original certes mais son casting principal Camille Chamoux, Audrey Fleurot (minuit à Paris (2011), Fonzy (2013)….), Naidra Ayadi (Police (2011), Prêt à tour (2012)) retient notre intérêt et nous permet à défaut d’avoir un divertissement original de passer un moment convivial. Surprenant choix également de faire des personnages de Marie et Sandra deux employées du pôle emploi assez farfelues. On aurait aimé un peu plus de rythme et de bons dialogues dans ce second film qui s’adresse à un public trop précis pour plaire à tous. Le charme de l’actrice Camille Chamoux permet également de donner à ce film un certain piquant mais son rôle aurait mérité d’être nettement plus original et audacieux pour sortir de l’ordinaire et retenir réellement notre attention. Ce film à trop vouloir coller à notre réalité n’apporte rien de bien nouveau et ne fait que surfer sur une recette déjà connue et sans grand intérêt.
Vu le 20 janvier 2014, à la Salle UGC