Du vent dans mes mollets
Réalisé par Carine Tardieu (2012)
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 22/08/2012 |
| Note | 5/10 |
La petite Rachel Gladstein a peur de retourner à l’école à la rentrée, au point de dormir avec son cartable. Pour dissiper ces angoisses enfantines, sa mère possessive l’envoie chez la psychologue Madame Trebla, à laquelle la fillette se confie aisément. Mais Rachel trouve surtout du réconfort auprès de sa nouvelle copine Valérie, qui a de surcroît un grand frère dont elle tombe amoureuse. Si seulement Rachel était belle comme Marina Campbell, une fille dans sa classe à qui tout est pardonné puisque sa mère vient de mourir, elle serait sûr de trouver son prince charmant, ou par défaut de faire partie du club des amies de Barbie.
La critique
Par Tootpadu 24/07/2012
Les faux films de famille en super 8 ne figurent évidemment pas parmi les effets de style qui auraient tendance à nous séduire, pas plus que les illustrations peu subtiles de l’imagination parfois débordante de la gamine. Non, ce sont de rares moments de connivence féminine qui ont réussi à nous toucher malgré tout. Ils gravitent presque sans exception autour du personnage de la mère divorcée, interprété avec une certaine grâce par Isabelle Carré, alors que son rôle est aussi ingrat et caricatural que les autres. Quand la plus grande adversité dans le film, entre la mère étouffante dont la fille veut se débarrasser avec un dévouement plutôt morbide, et ce reflet trompeur d’une mère modèle qui peut être compris comme le vestige tristounet de l’idéologie hippie, se transforme en une sorte de respect mutuel, la narration a au moins accompli une chose essentielle. A notre regret, notre Isabella Rossellini adulée, dans l’emploi féerique de la psychologue, ne reçoit pas le même traitement de faveur, puisque son apparition relève davantage du dérisoire : elle est touchante mais trop brève pour laisser une impression durable.
Quant au reste, cela n’est pas du niveau des aventures de l’élève Ducobu, mais les enfantillages auxquels s’adonne le film la plupart du temps n’ont rien de pétillant. Il lui manque ce mélange, certes difficile à atteindre, entre l’insouciance, voire l’innocence avant les premiers balbutiements de l’adolescence et la gravité qui va de pair avec la découverte d’un monde extérieur pas aussi rose bonbon que certaines filles le croient encore à cet âge-là.
Vu le 23 juillet 2012, à la Salle Gaumont – Louis Feuillade