Je fais le mort

Réalisé par Jean-Paul Salomé (2013)

Comédie policière
Je fais le mort
Durée 105 minutes
Sortie 11/12/2013
Note 6/10

Les débuts prometteurs de la carrière d’acteur, couronnés par le César du Meilleur espoir masculin, sont loin pour Jean Renault. Vingt-cinq ans plus tard, il subsiste tant bien que mal en acceptant des rôles dans des publicités pour suppositoires. Malgré ces emplois alimentaires, il a du mal à s’en sortir. L’offre de faire le mort pendant trois jours en province, à Megève, lors de la reconstitution d’un triple meurtre, l’arrange donc plutôt. Mais son tempérament de comédien perfectionniste ne convient guère à la juge Noémie Desfontaines, en charge de l’affaire.

Les critiques

Par Mulder 29/12/2013

Jean-Paul Salomé pour son septième film et le premier dont il écrit seul le scénario nous propose une comédie policière assez pittoresque. Loin des grosses productions que furent Belphégor, le fantôme du Louvre (2001), Arsène Lupin (2004) et Les femmes de l’ombre (2008), son nouveau film est une simple comédie reposant sur la reconstitution d’une série de meurtres dans la station de sport d’hiver de Megève.  Le cadre atypique du film nous permet de découvrir des personnages ordinaires, cabossés et profondément humains.

Le personnage principal un acteur raté malgré un début de carrière prometteur et récompensé par un César du meilleur espoir masculin est tenu par le comédien François Damiens. Celui-ci aussi à l’aise dans un drame (Suzanne) qu’une comédie,il  témoigne de nouveau d’un talent indéniable. Il fait de son personnage de looser à l’égo surdimensionné un personnage attachant. La réussite certes mineure de ce film lui incombe en parti. Les seconds rôles ne sont pas en reste avec la présence de Géraldine Nakache, Lucien Jean-Baptiste , Nanou Garcia et Anne Le Ny.

Jean-Paul Salomé nous propose donc de suivre une enquête policière telle que celle que nous pouvions trouver dans les livres d’ Agatha Christie. Cette approche typiquement anglaise se ressent notamment dans le soin apporté aux dialogues et à une direction de comédiens irréprochables. Certes, nous sentons que le budget du film est contrairement à certains de  ces précédents films assez retreint mais il arrive à donner une certaine parure à son film tout en privilégiant un montage serré et une photographie tirant parti du décor naturel. 

Certes ce film n’est guère original mais il permet de retrouver un comédien sous-estimé plus habitué aux seconds rôles qu’à être la tête d’affiche d’un film. François Damiens ne cesse de nous surprendre car il est non seulement  un artiste complet mais aussi un des rares à s ‘investir autant dans de petites productions que de plus massives. Sa présence apporte un cachet véritable au film.

Vu le 19 décembre 2013 au Gaumont Côté Premier, Salle 07

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

Par Tootpadu 22/12/2013

Des personnages antipathiques sur fond d’une station de ski hors saison : le septième film du réalisateur Jean-Paul Salomé entreprend tout sauf une offensive de charme. Difficile en effet de s’intéresser sincèrement au point de vue détaché de la narration, qui observe avec un certain dédain des individus sans attrait particulier. Ces perdants sont tout à fait conscients de leur statut peu enviable, mais ils se servent de cette lucidité relative pour s’enfoncer davantage dans une prétendue supériorité. Avant que le récit ne subisse un revirement vers la terre ferme des polars français à la Pascal Thomas, le combat de Jean Renault, sur lequel repose donc la première partie de Je fais le mort, est celui de l’artiste échoué qui s’accroche contre toute raison à un idéal, dont il est en réalité irrémédiablement éloigné. Le décalage existentiel entre les emplois misérables du présent et le souvenir tenace d’un passé qui lui promettait une carrière fulgurante ne suscite chez le protagoniste qu’une amertume déprimante. Cette dernière fonctionne au mieux comme une piètre incitation à l’égard du spectateur de s’identifier tant soit peu avec cet homme au bout du rouleau et nullement content de l’être.

En guise de mise en valeur de ce cabotin et dragueur pitoyable, le scénario n’a rien trouvé de plus original que d’en faire une sorte de détective malgré lui, qui réussit à mettre les certitudes sens dessus dessous, à force de découvrir de nouveaux indices à chaque maladresse. L’amalgame des références criminelles, quelque part entre les inspecteurs Clouseau et Columbo, n’y contribue pas grand-chose pour étoffer un personnage assez superficiel. Enfin, l’esthétique proche de la banalité d’un téléfilm n’est pas d’un grand secours non plus pour accroître les enjeux d’une histoire, qui devient de plus en plus abracadabrante, au fur et à mesure que Renault réinterprète les rouages d’un crime apparemment sans zone d’ombre.

 

Vu le 21 décembre 2013, à l’UGC Ciné Cité Paris 19, Salle 6

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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