Sorcières de Zugarramurdi (Les)
Réalisé par Alex de la Iglesia (2014)
| Durée | 112 minutes |
| Sortie | 08/01/2014 |
| Note | 5/10 |
En plein jour, un groupe d’hommes braque un magasin d’or de la Puerta del Sol à Madrid. José, père divorcé en plein conflit avec son ex-femme, Tony, son complice, sex-symbol malgré lui, Manuel, chauffeur de taxi embarqué contre son gré dans l’aventure, et Sergio, le fils de José, partent en cavale. Objectif : atteindre la France en échappant à la police… Mais arrivé près de la frontière française, dans le village millénaire de Zugarramurdi, le groupe va faire la rencontre d’une famille de sorcières, bien décidées à user de leurs pouvoirs maléfiques pour se venger des hommes…
La critique
Par Mulder 16/12/2013
Le cinéma de genre espagnol se porte bien et arrive même à connaître un certain succès en dehors de ses frontières grâce notamment à deux de ses ambassadeurs les plus représentatifs soit Pedro Almodovar et Alex De La Iglesia. Curieux hasard de circonstance, c’est Pedro Almodovar qui remarqua le court métrage Mirindas asesinas du réalisateur De La Iglesia et qui financa son premier long métrage Action mutante (1992).
En onze films (sans compter le téléfilm La chambre du fils (2006)), ce réalisateur a su créer des films décalés rendant aussi bien hommage au cinéma de genre (Le jour de la bête (1996)…) qu’aux comédies américaines (Le crime farpait (2004)). A ce jour son film le plus personnel et maîtrisé reste Balada trista sorti en 2010. De ce mélange de genre, le réalisateur en tire une comédie horrifique Les sorcière de Zugarramurdi.
Le village de Zugarramurdi est réputé pour ses grottes où certaines légendes affirmaient que des sorcières s’y réunissaient. En 1610, un procès eu lieu à Logroño et l’inquisition y condamna quarante habitants de ce petit village et douze de ceux-ci furent brûlés pour sourcellerie. C’est de ce fait historique que le réalisateur Alex De La Iglesia en tira avec l’aide de son fidèle scénariste Jorge Guerricaechevarria le sujet de son dernier film.
A regarder de plus près, Les sorcières de Zugarramurdi semble être un décalque du désormais culte Une nuit en enfer de Robert Rodriguez (1996). Après un braquage raté, soit un début de thriller classique le film bifurque tout doucement vers une comédie fantastique et horrifique et débridée totalement symbolique de la vague post almodovarienne. Vous remplacez les vampires par des sorcières et vous aurez une idée de ce film.
A travers la scène du braquage par des personnages d’animation (bob l’éponge, Mickey et Minnie, un army soldier..) et même un Christ plus vrai que nature, le réalisateur a voulu rendre ainsi à sa façon hommage aux bandes dessinées dont il est un passionné. La suite s’apparente plus à un hommage envers des films cultes allant de Evil Dead de Sam Raimi, en passant par Brain Dead de Peter Jackson voire même au dernier film de Pedro Almodovar Les amants passagers par la présence de l’acteur Carlos Areces reprenant le même type de personnage. Malgré tout, à trop vouloir surfer sur des classiques du genre, le réalisateur n’arrive pas à retenir notre attention et le film semble s’éterniser. Contrairement à Sam Raimi et Peter Jackson, Alex De La Iglesia n’est pas un réalisateur capable de réaliser des plans à couper le souffle et d’innover en prenant des risques.
Réaliser une bonne comédie horrifique tient non seulement à la mise en place d’un cadre mais aussi à des effets spéciaux et maquillages réussis. Dans le cas présent, tout semble daté et guère original. De plus le casting n’arrive pas non plus à retenir notre attention et nous avons ainsi plus l’impression de découvrir une honnête série B qu’un classique instantané. C’est réellement dommage étant donné qu’Alex De La Iglesia est un réalisateur que nous apprécions mais qui semble ne pas réussir à se renouveler. Dans un contexte économique espagnol en crise, son film semble être un reflet contemporain et culturel de son pays.
Vu le 11 décembre 2013 au au Club 13, en VO