Last Vegas

Réalisé par Jon Turteltaub (2013)

Comédie
Last Vegas
Durée 106 minutes
Sortie 27/11/2013
Note 6/10

Il aura fallu la mort de son mentor pour que Billy se décide enfin de demander en mariage sa petite amie Lisa, qui, avec ses trente ans, a moins de la moitié de son âge. Quand il annonce la bonne nouvelle à ses vieux amis Sam et Archie, ceux-ci lui proposent d’organiser son enterrement de vie de garçon à Las Vegas. Billy accepte, à condition qu’ils réussissent à convaincre le quatrième de la bande, Paddy, à les rejoindre, avec lequel il est brouillé depuis qu’il n’avait pas été à ses côtés après la disparition de sa femme. Paddy se fait avoir par les ruses de Sam et Archie qui l’emmènent dans la ville la plus festive du pays. Les quatre seniors y vivront quelques jours de folie, entre soirées bien arrosées et compétitions de bikini.

La critique

Par Tootpadu 11/12/2013

Vieillir n’est pas pour les mauviettes, comme le faisait souvent remarquer l’incomparable Bette Davis. Ce n’est pourtant pas une raison pour se lamenter invariablement sur cette dernière étape de la vie, marquée autant par la santé déclinante que par la maturité mentale, sous réserve que l’esprit n’ait pas lâché avant le corps. Alors que les drames, voire les tragédies filmiques sur le sujet font désormais partie intégrante du paysage des genres courants, il est hélas rare de le voir traité avec une sérénité enjouée. L’un des premiers films à oser briser la morosité du troisième âge était Cocoon de Ron Howard il y a presque trente ans. De nos jours, les vieux n’ont plus droit à la potion magique pour accomplir la cure de jouvence – à moins que l’on considère la petite pilule bleue comme la solution miracle à tous les tracas de débandade, au propre comme au figuré. A peine plus jeunes que la génération des Don Ameche, Jessica Tandy et Hume Cronyn mise en valeur à l’époque, ils se démarquent toutefois par un très plaisant manque de complexes pour fournir la version pépé du dispositif de la saga Very bad trip.

Last Vegas allait nous plaire de toute façon, grâce à sa distribution royale, pimentée encore par la participation chaleureuse de la trop rare Mary Steenburgen. C’est davantage le choix du réalisateur qui nous avait rempli d’appréhension, ce tâcheron supposé de Jon Turteltaub qui avait pondu dernièrement une superproduction navrante après l’autre. Contre toute attente, son style aéré et vague, au point de devenir creux, convient à cette histoire gentillette, qui prétend simplement à nous faire sourire, et non pas à nous faire pleurer ou à tirer une vérité universelle de ce week-end somme toute assez sage. La complicité amicale entre les quatre personnages principaux pèse donc sensiblement plus lourde dans la balance que les frasques puériles ou les insuffisances dues à l’âge. Le scénario effleure à peine ces dernières, sans jamais s’en moquer bassement.

Le succès du film, en tout cas au box-office américain, se laisse aisément expliquer par sa gentillesse inoffensive, à laquelle les quatre têtes d’affiche se soumettent de bon cœur. Nous sommes encore trop loin de cet âge respectable pour pouvoir cultiver l’espoir que, d’ici une trentaine d’années, nous vivrons des aventures tout aussi doucement rocambolesques. En attendant ce temps fatidique, cela fait beaucoup de bien de se laisser bercer au son de cette comédie sympathique, qui aurait presque tendance à nous réconcilier avec son réalisateur.

 

Vu le 10 décembre 2013, à l’UGC Ciné Cité Paris 19, Salle 10, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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