Call (The)
Réalisé par Brad Anderson (2013)
| Durée | 94 minutes |
| Sortie | 29/05/2013 |
| Note | 7/10 |
Jordan Turner est une opératrice expérimentée du centre d’appel d’urgences de Los Angeles. Lorsque sa réponse à l’appel de détresse d’une adolescente se solde par le meurtre de celle-ci, Jordan accuse difficilement le coup. Six mois plus tard, elle a quitté son travail psychologiquement éprouvant au standard pour s’occuper désormais de la formation des nouveaux opérateurs. Quand une jeune collègue est dépassée par l’appel de Casey, une adolescente qui est en train d’être enlevée, Jordan prend la relève. Elle garde le contact avec la victime, pendant que les forces de l’ordre tentent de localiser la voiture du ravisseur.
Les critiques
Par Mulder 18/05/2013
L’intrigue semblait à première vue des plus classiques. En effet, une adolescente est kidnappée par un tueur en série. Pour la sauver, une opératrice d'un centre d'appel d'urgences va affronter ses propres peurs liées à une tragédie de son passé. Leur seul lien : un téléphone portable. Une course contre la montre commence. La thématique principale de ce film n’est donc pas nouvelle, Joel Schumacher avait déjà fait un film se passant pratiquement que dans une cabine téléphonique en 2003 (Phone Booth). Ce réalisateur avait même été choisi pour réaliser ce film avant de passer la main à Brad Anderson. En 2004, David R Ellis avait même utilisé un concept semblable avec son film Cellular. Cependant ces deux films précités n’arrivaient pas totalement à nous émerger en plein action.
The call par son réalisateur et son sens inné de la mise en scène, reposant sur un scénario sans aucune faille de Richard d’Ovidio et au casting des plus attrayants (Halle Berry, Morris Chestnut, Abigail Breslin, Michaek Eklund) réussit à nous tenir en haleine malgré une économie de lieux d’action. Le personnage principal Jordan Turner (Halle Berry) passe en effet la majorité du film au poste central derrière un écran.
Le mérite de cette réussite revient en partie à son réalisateur et à son actrice principale. Il n’aura fallu qu’un seul film à Brad Anderson pour marquer nos mémoires de cinéphiles avertis. En 2004, l’un de ses précédents films, The machinist imposait une performance d’acteur inouï par l’intermédiaire de l’un des meilleurs comédiens actuels, Christian Bale. Ce brillant interprète était même allé jusqu’à perdre 28 kilos en trois mois pour rentrer parfaitement dans son rôle. Ce film imposait définitivement cet acteur et ce réalisateur. La réussite de ce film tient donc à un réalisateur sachant parfaitement dirigé son casting. De plus, Brad Anderson ayant ensuite dirigé sa carrière vers la petite lucarne par des réalisations d’épisodes de séries (Fringe..) en a gardé un sens de l’économie de moyen et d’efficacité maximale. Quant à Halle Berry, elle a montré notamment par le film de Marc Forster A l’ombre de la Haine (Oscar et ours d’argent de la meilleure actrice) qu’elle était non seulement une très grande comédienne mais savait aussi bien jouer dans des blockbusters (Opération Espadon, Saga X-men, Meurs un autre jours, Cloud Atlas..) que dans des films d’auteurs (Jungle fever, Girl 6, Bullworth).
The call est donc le film à ne pas rater ce mois-ci et qui vous fera cramponner votre fauteuil pendant toute sa durée. Même si la fin n’est pas des plus originales, ce film montre que la somme de talents divers réunis, malgré un budget étriqué peut permettre à des films indépendants de se hisser fièrement parmi les grands films à ne pas rater en salle cette année.
Vu le 14 mai 2013, à la Salle UGC, en VO
Par Tootpadu 14/05/2013
Auparavant et donc hélas pas exclusivement, The Call est la bête rare d’un thriller hollywoodien réellement haletant, qui, grâce à sa narration sans faille, atteint un rythme d’une efficacité plus que redoutable. Nous avons beau travailler en parallèle à notre activité de critique pour une sorte de service client, et nous avons même occupé dans le passé lointain un poste au standard d’un hôtel également responsable des appels d’urgences, l’environnement professionnel décrit ici est d’un tout autre calibre dans la gestion de situations de tension extrêmes. Avant même que la course contre la montre ne commence pour de vrai, nous gagnons un aperçu plutôt réaliste d’un métier aux exigences psychologiques démesurées. A partir de cette base aussi solide que fascinante, la trame du thriller se déroule selon une mécanique si bien agencée que le coup d’arrêt brutal, qui intervient dès que Jordan quitte le standard, aurait presque tendance à nous surprendre, incrédules que nous sommes de nous trouver pour une fois devant un film américain sans fioriture formelle ou digression inutile.
En grande partie, cette intrigue au ton oppressant applique à la lettre la formule des thrillers téléphoniques, qui remonte jusqu’à Raccrochez, c’est une erreur ! de Anatole Litvak, en passant par Trente minutes de sursis de Sydney Pollack, pour finir sur des variations récentes assez décevantes comme Cellular de David R. Ellis. Sous réserve de nos remarques initiales, il n’y a cependant rien (ou presque) à jeter dans ce film de genre qui joue admirablement avec nos nerfs au fil d’une publicité à peine déguisée pour ce pôle de secours rassurant que serait le 112 en France. Sauf que la prise en charge d’une détresse ne suffit pas pour résoudre les problèmes sociaux au sens large qui sont à leur origine, un dilemme sur la faillite de notre filet de sécurité à laquelle le film répond à sa façon, que nous ne partageons guère.
Vu le 14 mai 2013, à la Salle UGC, en VO