Northwest
Réalisé par Michael Noer (2013)
| Durée | 91 minutes |
| Sortie | 09/10/2013 |
| Note | 5/10 |
Casper est un cambrioleur expérimenté, qui dévalise avec son ami Robin les villas dans les quartiers riches de Copenhague. Il revend son butin à Jamal, un receleur pour lequel il travaille et qui l’escroque régulièrement. Casper a envie de voir plus grand que ces petits larcins frustrants. L’occasion de réaliser ses ambitions s’offre à lui, quand il est contacté par Björn, un ex-taulard et le chef d’un gang d’un quartier voisin. Après avoir fait ses preuves auprès de ce dernier, Casper amasse l’argent grâce aux réseaux de prostitution et de drogues de son nouveau patron.
La critique
Par Tootpadu 30/10/2013
Les pays scandinaves ont beau avoir une réputation exemplaire en termes de couverture sociale, tout ne va pas pour le mieux en Europe du Nord. Comme les émeutes en Suède de l’été dernier ont montré, même dans les systèmes à vocation plutôt altruiste, il reste toujours une minorité pauvre et bruyante qui en veut plus que les miettes tombées du haut de la pyramide sociale. Il ne suffit pas de satisfaire les besoins matériels élémentaires pour donner une perspective à ces jeunes, séduits avant tout par l’argent en apparence facile de l’économie parallèle, voire du crime organisé. Car même en l’absence d’une misère manifeste, le manque d’encadrement des adolescents des cités donnera tous les droits à qui veut bien les prendre en charge, ne serait-ce que pour en faire les larbins de combines malhonnêtes, qui sont les premiers à en baver quand les affaires se gâtent. Ainsi, il manque une boussole morale aux personnages de ce film danois, qui les accompagne alors, presque sans états d’âme, dans une spirale inextricable de la violence.
Le problème avec Northwest, c’est que le réalisateur Michael Noer ne paraît pas non plus vouloir explorer la dimension morale de son histoire. Le récit du sort de Casper est marqué par une neutralité quasiment nihiliste, ce qui ne fait que renforcer notre indifférence face à ce qui se passe à l’écran. Ce père de substitution, qui comprend assez bien le fonctionnement de la face sombre de son quartier pour en tirer profit, n’est certes pas un criminel né, qui ferait tout pour monter un par un les échelons dans l’organisation de ses commanditaires successifs. Mais les moments où il ose vaciller – quand le mythe du gangster sans scrupules ne correspond plus à la réalité d’un jeune qui se chie dans son froc – ne sont pas suffisamment saisissants pour distinguer son parcours des nombreuses autres plongées sans retour dans l’univers du crime, qui en font davantage l’apologie qu’elles ne servent de mise en garde astucieuse.
C’est donc longtemps avant la fin très ouverte, qui nous a franchement et désagréablement laissés perplexes, que nous avons décroché de cette intrigue somme toute ordinaire. En dépit du cadre relativement inhabituel, bien que les cités du Danemark ne soient pas si différentes des banlieues françaises, ce sont toujours les mêmes clichés de la pègre qui nous sont resservis dans ce film, hélas sans la valeur ajoutée d’un regard extraordinaire sur cet engrenage qui n’apporte que la déroute et in extremis la mort.
Vu le 29 octobre 2013, au Cinéma des Cinéastes, Salle 2, en VO