Promised land
Réalisé par Gus Van Sant (2013)
| Durée | 107 minutes |
| Sortie | 17/04/2013 |
| Note | 5/10 |
Steve Butler et Sue Thomason forment une équipe parfaitement rodée, qui réussit sans peine à convaincre les fermiers de vendre des licences de forage afin d’extraire de leurs terres du gaz de schiste pour le compte de la multinationale Global. Leur nouvelle mission les mène dans une petite ville de campagne, essentielle parce qu’elle est la première dans cet état à être démarchée de la sorte. Au début, la signature des contrats avance normalement. Mais quand Frank Yates, un vieux fermier et professeur de physique, s’oppose au projet et demande un vote public pour décider de cette question importante pour la survie de la bourgade, les choses commencent à se gâter. Le plan huilé du duo de prospecteurs est définitivement déraillé par l’arrivée de l’activiste écologiste Dustin Noble.
La critique
Par Tootpadu 28/04/2013
Dans une telle disette d’histoires réellement importantes et pertinentes en la matière, qu’est-ce qu’on aurait bien aimé adhérer corps et âme au nouveau film de Gus Van Sant, un réalisateur plus rompu aux exercices formels esthétiquement enivrants qu’à une conscience sociale qui dépasserait la cause gaie ! Malheureusement, Promised land est un film aux bonnes intentions si lénifiantes qu’il ne nous inspire que de l’indifférence, là où son sujet aurait dû nous révolter puissamment. Le problème principal du scénario est la nature profondément bonne du protagoniste, qui passe son temps à affirmer qu’il n’est pas un salaud, au lieu d’appliquer sans états d’âme le plan machiavélique de ses commanditaires. De même, la gestion de l’enjeu primordial de l’intrigue, de persuader les fermiers que leur seul choix est de renoncer à leurs terres en échange de quelques milliers de dollars, est assez bancale, voire sans importance palpable pour un récit qui se traîne vers une conclusion en demi-teinte, pour rester poli.
La résignation du ton de ce film, malgré tout lucide sur les méthodes nihilistes des grandes corporations prêtes à employer les moyens les plus tordus pour arriver à leurs fins, est ainsi son plus grand ennemi. Pourquoi en effet faire un film sur le combat de David contre Goliath de notre époque, tout en sachant d’avance qu’il n’en existe aucune issue heureuse et que de petits scrupules moraux ne feront jamais le poids face au pouvoir que confère l’argent dépensé et récolté en abondance ? Ce désintérêt flagrant d’un sujet qui aurait mérité un militantisme moins défaitiste relativise par conséquent les quelques côtés positifs du film, telle la volonté de représenter la campagne américaine dans toute sa dignité et son charme rural.
Vu le 28 avril 2013, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 14, en VO